vendredi 12 juillet 2013
Taxes, finances et énarques
A droite, on se querelle. Rien ne va plus entre les copains Sarko et Fillon. Mais à gauche, ce n’est pas mal non plus, avec Montebourg qui se fait recadrer par Ayrault, sans se faire virer néanmoins, quel dommage. Cette fois, la polémique porte sur le challenge économique et commercial qui pèse sur la taxe sur les transactions financières. . Que la France propose une modulation un peu différenciée de la taxe, avec peut-être un peu plus sur les produits dérivés et un peu moins sur les obligations d’Etat, ce n’est pas absurde. Mais ça ne doit pas se faire dans une stratégie de recul. Il faut plutôt une consolidation, avec au moins un produit de la taxe de 35 milliards d’euros. Moscovici, lui, se veut d’avantage réaliste et pragmatique. Le pragmatisme qui vise à dire on va moins taxer, c’est le vieux débat. On met en avant le fait que l’Europe serait moins concurrentielle. Mais ça n’a pas de sens. Nous avons quand même en France parmi les plus grandes banques au monde. L’attractivité de la finance européenne se fait sur d’autres critères. Ce qui manque pour financer l’économie française, c’est plutôt un projet d’avenir en matière industrielle et une capacité à porter un nouveau modèle de développement. Le pragmatisme serait aussi d’avoir une taxe exceptionnelle pour tous les millionnaires qui viennent d’être renforcés. Là, j’aimerais beaucoup de pragmatisme. Le pragmatisme serait de ponctionner fortement cet enrichissement des 500 plus grandes fortunes françaises. Bonjour l’image de la France ! La gauche s’est mobilisée depuis des lustres sur ce sujet. Il est fondamental que François Hollande recadre Pierre Moscovici pour que le ministre défende l’idée d’appliquer avec force et vigueur une taxe qui était dans son programme. Bref, tout cela est encore une énormité. Vous l’aurez compris, je prêche le faux pour affirmer combien il serait stupide d’imposer une nouvelle taxe. Les politiques n’ont pas encore compris que le réel challenge est économique et commercial, un domaine où ils sont absolument nuls. En réalité, le challenge commercial aura du succès si les énarques disparaissaient.