jeudi 3 décembre 2015

Sous les rotors

Cela faisait un moment que je rouillais dans mon canapé, me laissant avoir par le quotidien. Métro, boulot, télé, dodo. Tel était mon credo depuis quelques temps. Où était passée ma soif d'expérience, d'aventures, d'activités nouvelles ? Où était passé le petit garçon qui voulait tout faire et tout savoir ? Du coup, j'ai décidé de réagir. Et la semaine dernière, j'ai donc réalisé une nouvelle expérience : un vol en hélicoptère à Paris. Une expérience bien sympathique que « le petit garçon qui sommeille en chacun de nous » a beaucoup apprécié. D'autant qu'elle était très différente de l'avion ! D'abord, ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est qu'on est moins confiné dans un hélico. Comme dans un avion, il est obligatoire de mettre sa ceinture de sécurité, mais il n’est pas obligatoire de porter un casque. Cependant, il vaut mieux en mettre un si vous voulez discuter avec le pilote, car avec le bruit ambiant dans la cabine, il faudrait beugler comme un âne pour tenir une conversation sans micro ! Côté sensations, en revanche, c'est beaucoup plus doux que dans un avion. A tel point que je ne me suis pas rendu compte tout de suite que nous avions quitté le sol ! En cours de vol, il y a bien eu quelques secousses, mais assez modérées ; un californien ne les aurait même pas remarquées ! En fait, c'est si calme qu'on en oublie vite où on se trouve pour profiter des paysages qui défilent lentement. Parce que c'est vraiment là, à mon sens, l'intérêt de l'aventure : la vue. Voir le monde depuis un hélicoptère est une expérience grandiose. Je connaissais déjà l'endroit, mais je dois dire que je l'ai vraiment redécouvert en l'observant depuis les airs. Il a pris une autre dimension. Surtout que l'appareil sait mettre à l'honneur le paysage : il y a en effet des vitres partout ! Le seul point noir, au final, c'est qu'en photo, ça ne rend absolument rien. Si vous faites un jour un vol en hélicoptère ne perdez pas votre temps à prendre des photos à tout-va. Non seulement le résultat sera décevant, mais en plus vous risquez de passer à côté de cette expérience. Ce qui serait franchement dommage, eu égard au prix et au peu de temps qu'il dure ! Je vous laisse le lien du prestataire de mon vol en hélicoptère, suivez le lien, si l’expérience vous tente.


La Turquie bombarde encore le PKK

Les avions de combat turcs ont frappé dans la nuit de vendredi à samedi sept objectifs des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans leurs bases arrières du nord de l’Irak, a confirmé le gouvernement dans un communiqué. Les opérations aériennes se sont également poursuivies contre le groupe djihadiste État islamique (EI) sur le territoire syrien, selon le texte des services du Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui ne précise pas le nombre de cibles visées. « Des attaques ont été menées contre des objectifs du groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l’EI) en Syrie et du groupe terroriste PKK dans le nord de l’Irak », ajoute le communiqué publié samedi matin sur le site internet du chef du gouvernement. Parmi les objectifs du PKK visés figurent des « abris, hangars, cavernes et installations logistiques remplies de munitions », selon le texte. Les autorités turques ont également indiqué que, en marge de l’opération aérienne menée par les avions F16 depuis leur base de Diyarbakir (sud-est), l’artillerie turque avait également ouvert le feu sur des objectifs de l’EI et du PKK. Longtemps critiquée pour son inertie vis-à-vis des groupes radicaux hostiles au régime syrien, la Turquie s’est résolument engagée dans la lutte contre le mouvement djihadiste en menant vendredi à l’aube un premier raid aérien contre le groupe djihadiste sur le territoire syrien. Ce changement de stratégie est intervenu dans la foulée de l’attentat suicide, attribué à l’EI, qui a fait 32 morts et une centaine de blessés lundi dans la ville de Suruç, près de la frontière syrienne. Depuis lundi, le PKK a multiplié les attaques contre les forces de l’ordre turques, en riposte a-t-il dit à l’attaque de Suruç qui a visé des jeunes militants de gauche proches de la cause kurde. Les frappes aériennes turques de vendredi soir menacent de faire voler en éclats le processus de paix engagé entre le gouvernement et les rebelles kurdes à l’automne 2012. Depuis plus de deux ans, un cessez-le-feu était globalement respecté entre les deux parties.

Ces parlementaires qui se baladent en Crimée

Sans doute ignorants de l’Histoire, huit parlementaires français, dont sept appartenant à l’aile le plus droitière du parti de Nicolas Sarkozy, ont rendu visite à la Crimée, défilant sans la moindre honte entre les murs d’un pays Potemkine soigneusement organisé pour leur faire croire que tout allait bien dans la région ukrainienne annexée par la force à la Fédération de Russie. Comme le fit, selon les historiens de l’époque, le ministre de la défense, le général Mikhaïl Sergueïvitch Potemkine, lorsqu’il « déguisa » la région en riche pays dépourvu de pauvres lors de la visite de l’impératrice Catherine II en voyage d’inspection en Crimée en 1787. Une vieille technique russe car elle fut souvent utilisée sous le régime communiste pour montrer l’Union soviétique sous un jour favorable aux délégations étrangères qui oubliaient volontiers les atteintes aux droits de l’Homme en mangeant le caviar et en buvant la vodka. Thierry Mariani, Jacques Myard, Claude Goasgen, Nicolas Dhuick, Patrice Verchère, Sauveur Gandolfi-Scheit, Marie-Christine Dalloz-Maylam, Joëlle Garriaud et quelques autres ont donc expliqué que tout les habitants de la Crimée (tous ceux qu’on leur avait fait rencontrer…) étaient contents de leur sort et du coup de force ayant arraché la région à l’Ukraine sous la pression de l’armée russe. Ils ont même ajouté qu’ils n’avaient rencontré aucun militaire dans les rues, ce qui tend à prouver qu’ils ne sont pas beaucoup sortis de leur hôtel avant d’aller faire révérence au Président de la Douma russe à Moscou. Au dernier moment, deux sénateurs avaient renoncé au voyage. Ils n’ont donc pas participé à la remise d’une médaille commémorative de l’Assemblée Nationale au « président » de Crimée désigné par Poutine, Sergeï Aksoyunov. Ils ont même rencontré un « représentant » heureux de la minorité Tatare alors que le responsable élu de cette communauté est interdit de séjour en Crimée et que la chaine de télévision qui les informait de façon indépendante a été fermé sur l’ordre de Moscou. Tandis que les membres de cette communauté subissent de plus en plus de la répression des nouvelles autorités alors qu’ils représentent entre 12 et 15 % de la population. Cette visite d’hommage à la Russie de Poutine rappelle à quel point les parlementaires qui se nomment désormais les « Républicains », sont attirés, comme leur patron Nicolas Sarkozy, voire fascinés, par l’Etat fort et autoritaire (pour ne pas dire plus) que représente actuellement une Russie où la chasse aux opposants est permanente et ou règne la loi des oligarques. Sans oublier la répression qui vise, à travers des textes de loi, les associations, les écologistes, les intellectuels et les homosexuels. Avec l’appui (et souvent à la demande) d’une église orthodoxe qui organise la dénonciation des « mauvaises mœurs » avec l’appui de l’Etat. Tandis que les petits tyrans de province assurent, comme le maitre du Kremlin, la disparition de ce qui reste de presse libre, fermant les rares médias indépendants les uns après les autres. Tout en laissant quelques homme s’affaires, nationaux ou régionaux, organiser le pillage des ressources naturelles. Comme en Crimée, bien sur. Il ne manque plus qu’une délégation du Front National pour (re)venir en Crimée proclamer sa fascination pour l’homme fort du Kremlin et exhiber ses fantasmes répressifs. Et une autre de ce qui reste de l’extrême gauche pour venir expliquer que, bon, Poutine n’est pas vraiment sa tasse de thé, mais que tout ce qui se passe dans la province occupée est la faute de l’Otan, de l’Europe, des Etats Unis ou de la CIA et que donc, il faut « comprendre », voir soutenir les Russes dans leurs efforts d’extension territoriale.

lundi 16 novembre 2015

Un paysage médiatique en pleine mutation

Contrairement à ce qu'ont voulu faire croire les chantres de la communication, le brand content n'a rien de nouveau. On peut trouver des exemples de brand content qui remontent à plus d'un siècle. Mais ce qui a véritablement changé ces dernières années, c'est qu'il commence à se généraliser. Et cela va selon toute probabilité bouleverser totalement le champ des médias. J'en ai encore eu la preuve récemment, lorsque j'ai assisté à un congrès à Madrid où la question a été abordée. Il n'y a encore pas si longtemps, l'imperméabilité entre le monde des marques et l'univers des concepteurs de contenus était une valeur sûre, et était appuyée par la loi. Cependant, l'introduction du contenu éditorial de marque, qu'il soit l'aboutissement d'une incorporation des marques à des contenus ou d'une création pure, conduit de fait à reconsidérer les affinités qu'entretiennent ces deux univers. Il faut donc imaginer de nouvelles manières de se guider dans ce monde de contenus composites, fruits de multiples créateurs, poursuivant des buts multiples, et s'habituer à côtoyer des contenus de plus en plus brassés. Il faut aussi s'habituer à rapprocher des acteurs qui sont d'une part multiples pour concevoir un contenu, et qui parlent d'autre part des « dialectes » distincts, issus de coutumes différentes. La coopération entre les auteurs et les marques n'est pas toujours chose facile, mais elle va vite devenir essentielle. Et on peut déjà présumer que les individus connaissant ces deux univers seront fort recherchés. :) Les producteurs de contenus ont donc tout intérêt à se former dès aujourd'hui pour gérer efficacement les problèmes afférents à une association avec les marques : collision culturelle entre l'art et les affaires, problèmes d'éthique, modalités de l'inclusion de la marque au sein du contenu, vues commerciales de la marque et impartialité de l'information... Autant de questions très épineuses, mais les exemples de brand content réussi montrent que ces questions peuvent être résolues. En tout cas, ce qui m'est apparu avec clarté lors de ce congrès à Madrid, c'est que les enjeux de la communication à venir ne seront sans doute pas tant de communiquer avec les acheteurs que de réussir que tous ces acteurs provenant de champs différents se rassemblent autour du contenu, et arrivent à communiquer les uns avec les autres. Et en la matière, je crois qu'il y a là un sacré travail. Pour en savoir plus, suivez le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Espagne, vous pourrez également vous inscrire pour la prochaine session.


Nouvelle campagne d'Espionnage US

Le scandale d'espionnage impliquant la NSA a été relancé en Europe. La presse vient de divulguer des informations indiquant que depuis longtemps, l'agence américaine n'écoutait pas seulement le téléphone de la chancelière allemande, mais aussi d'autres hommes politiques de premier rang du gouvernement allemand, dont certains ministres. Le site Wikileaks a rendu publiques des informations disant que la NSA espionnait une liste de 56 numéros de fonctionnaires et d'hommes politiques, dont Ronald Pofalla, qui était directeur de la chancellerie fédérale de 2009 à 2013. Le gouvernement allemand se refuse pour l'instant à tout commentaire au sujet des nouvelles informations sur les écoutes américaines. "Les informations publiées aujourd'hui montrent que la plupart des politiciens américains de premier rang étaient au courant des plans de la chancelière allemande pour surmonter la crise financière internationale et les problèmes des banques de la zone euro. La NSA a appris ce qu'elle pensait personnellement de la position d'Obama sur le nucléaire iranien en interceptant la conversation de Merkel avec le prince héritier des EAU Mohammed al-Nahyan", écrit le site Wikileaks. Cette conversation date de mars 2009. Selon Wikileaks, au total, les renseignements américains écoutaient 125 numéros clés, dont le numéro de portable personnel d'Angela Merkel, les téléphones des conseillers de la chancelière, du personnel de la chancellerie et même le fax. La NSA aurait également espionné les subordonnées des ex-chanceliers Gerhard Schröder et Helmut Kohl. "Une écoute aussi minutieuse de l'entourage de la chancelière constitue la raison pour laquelle les USA ont si facilement promis de cesser les écoutes d'Angela Merkel, mais ils ne peuvent pas en faire autant vis-à-vis d'autres membres de son gouvernement. La chancelière ne peut pas diriger un gouvernement en se parlant à elle-même", écrit Wikileaks. Plus tôt, ce site avait cité une liste initiale de 69 numéros écoutés par la NSA au moins jusqu'aux années 2010-2012 (la liste établie couvre cette période). D'après ces documents, les Américains écoutaient les conversations du ministre de l'Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel et du ministre des Finances Wolfgang Schäuble. De plus, on retrouve dans cette liste la ministre actuelle de l'Environnement Barbara Hendricks, l'ex-ministre de l'Economie Werner Müller et d'autres politiciens.

Le défi de la banque des BRICS

Les BRICS ont lancé leur banque de développement, avait titré le Monde en juillet 2014, présentant cette nouvelle institution comme une sorte d’alternative au FMI et à la Banque mondiale. Basée à Shangaï, censée mettre en cohésion les intérêts de pays très différents, de la Chine à l'Inde en passant par la Russie, son existence pousse un an plus tard à nous poser deux questions fondamentales. Primo, devrait-on toujours continuer à raisonner en termes d'alternative sans songer à un rapport de complémentarité ou de supplémentarité? Secundo, est-ce que la Banque des BRICS a les moyens de ses ambitions en tenant compte du capital réel dont elle dispose ainsi que de son pouvoir réel d'influence sur les marchés financiers? Julien Marcilly, économiste en chef de Coface, a bien voulu éclairer nos lanternes dans l'optique du 7ème sommet des BRICS qui a lieu en ce moment. Pour mieux comprendre la visée de cette Banque à vocation alternative, il faut rappeler que ce qui réunit les pays inclus dans l'acronyme de Goldman Sachs — BRICS — c'est avant tout la mise en commun de leur dynamisme de croissance. Avec le temps, cette dynamique similaire a posé les fondements d'une coopé-ration économique des plus étroites doublée d'un rapprochement politique dont le sommet est le reflet par excellence. Côté investissements, la Banque ne semble en être qu'à ses balbutiements. S'il est vrai qu'elle privilégie (pour l'heure) le domaine de l'infrastructure, son champ d'action reste réduit du fait d'un capital relativement faible. M. Marcilly en déduit la portée plutôt symbolique de l'institution même si, clairement, la diminution des contraites liées aux investissements dans les pays émergents est déjà en soi un facteur de développement à ne pas sous-estimer. Initialement conçue comme une alternative d'envergure aux grandes institutions financières mondiales, la Banque serait plutôt un complément à la Banque mondiale et au FMI. Selon notre expert, elle ne saurait être donc perçue comme un défi à ces dernières même si, objectivement, son existence découle a en partie été motivée par leurs multiples insuffisances: « cela fait des années que le poids des grands pays émergents dans les organismes décisionnels des organisations internationales est insuffisant. Si certaines réformes ont été engagées par la Banque mondiale, elles ne concernent pas le FMI ». Ce point faible qui est le point fort de la Banque des BRICS est cependant nuancé par la divergence de leurs intérêts. Nous voyons d'un côté une Russie qui aspire à faire contrepoids au G-8 et d'un autre l'Afrique du Sud plus occupée à contrer la volatilité des marchés de change. Cette absence de convergence invalide la capacité de la Banque des BRICS a influer d'une manière sensible sur les marchés financiers.

jeudi 3 septembre 2015

Mach 1

C'est la fin d'un rêve. La semaine dernière, j'ai réalisé mon vol en Mig 29. Un rêve de môme que ma femme a rendu possible et n'a pas hésité à m'offrir, en dépit d'un coût « un peu » élevé. Avec le blocus européen fait à la Russie, je n'étais pas certain que ce soit réalisable, et craignais que la Russie refuse de donner les autorisations nécessaires. Mais il n'y a finalement pas eu le moindre problème, et j'ai en définitive pu monter à bord du Mig 29. Lors de ce vol, non seulement nous avons passé le mur du son, mais le pilote m'a aussi fait goûter aux sensations du vol acrobatique : virages, renversements, vol sur le dos, et même l'effroyable immelmann. Un moment colossal à vivre ! J'appréhendais de ne pas encaisser les facteurs de charge, mais Daniil (le pilote) m'a rassuré avant le départ en me disant qu'il modulerait sa manière de voler selon ma tolérance aux G. De fait, si les acrobaties ont effectivement été démentielles, Daniil a vérifié entre chaque figure que je vivais bien l'expérience. Est-ce sa façon de piloter ou la résistance de mon organisme ? Aucune idée, mais je suis assez fier de ne pas avoir dû utiliser le sac à vomi. Le moment le plus terrifiant, en fin de compte, s'est déroulé avant ce voyage. Je m'inquiétais en regardant des vidéos de vol sur Mig sur le web, au point que je songeais à annuler. Mais je ne pouvais tout de même pas décline un tel cadeau, et j'ai en définitive fait comme prévu le voyage jusqu'à Nizhny Novgorod pour matérialiser mon vol. Lorsqu'est arrivé le moment d'embarquer dans l'avion, je craignais de faire une attaque de panique. Mais curieusement, une fois que je me suis retrouvé à l'intérieur du cockpit, étroitement arrimé au siège, j'ai eu comme un déclic. Toute forme d'appréhension a disparu. Je faisais confiance au staff et au pilote. Après tout, ce sont d'anciens militaires russes qui gèrent ces vols si particuliers : ils savent donc bien ce qu'ils font. L'expérience était si incroyable qu'il m'a fallu un moment pour prendre conscience de ce que j'avais fait. C'est seulement en voyant la vidéo du vol avec mon entourage que j'ai pris conscience de ce que j'avais vécu. Rien que d'en parler, j'en ai les larmes aux yeux. Je me souviendrai toujours de ces précieuses 45 minutes là-haut. Pour plus d’infos, allez sur le site spécialisé vol en Mig, suivez le lien.


Divorcer peut être mauvais pour la santé

On savait qu’être en couple était synonyme d’être en meilleure santé; on sait maintenant que la séparation ou le divorce ne vient pas détériorer l’état de santé sur le long terme. C’est ce qu’une étude publiée dans l’American Journal of Public Health révèle. Petite précision toutefois de l’auteur principal, le docteur George Ploubidis: «Tant que ceux qui vivent une séparation ou un divorce démarrent une nouvelle relation, leur santé n’en souffre pas sur le long terme.» En effet, dans l’étude, seules les personnes qui ont divorcé et se sont remariées n’ont pas plus de risques d’avoir des problèmes respiratoires ou cardiaques que leurs homologues qui sont restés mariés. Sur l’échantillon étudié (d’environ 10.000 personnes nées en 1958), les hommes et les femmes qui n’étaient jamais allés devant l’autel et n’avaient jamais sauté le pas de la cohabitation avaient la santé la plus déplorable (risque de problèmes respiratoires, cardiovasculaires, diabète). L’explication est basique: «Un partenaire peut influencer positivement vos comportements de santé, en vous encourageant à faire davantage d’exercice.» Autre cause possible, encore plus terre à terre: sachant que la pauvreté n’est pas sans effets sur la santé, deux salaires valent mieux qu’un. Mais il ne faudrait pas oublier la qualité de la relation conjugale, fait remarquer Ruth Sutherland, la directrice générale de l’ONG Relate, citée par le Guardian: «Ceux qui ne sont pas heureux dans leur couple ont plus de risques d’être en mauvaise santé que les divorcés»

Les nouveaux représentants des musulmans en France

Annoncée par le ministre de l’Intérieur après les attentats de janvier, l’instance de dialogue autour de l’islam se réunit pour la première fois lundi. L’enjeu : que tous les Français musulmans soient écoutés. Y’en a marre du CFCM ! À l’unanimité ce jour-là, les quelques dizaines de Français musulmans invités par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour parler d’islam, expriment leur ras-le-bol devant l’incurie du Conseil français du culte musulman censé les représenter. Et qui, pire, n’aurait pas vu venir l’extrémisme islamique. Désemparés, ils se tournent à contrecœur vers les pouvoirs publics pour trouver une solution. Après l’élection de François Hollande, le gouvernement n’a pas voulu être trop intrusif dans les affaires des musulmans en France, mais depuis les attentats de janvier, tout a été bousculé. Annoncée le 25 février, une instance de dialogue autour de l’islam a été mise en place et se réunit pour la première fois place Beauvau, ce lundi 15 juin. Une centaine de personnes, des membres du CFCM, les présidents des 25 conseils régionaux du culte musulman (CRCM), des imams, des théologiens, des islamologues, des présidents d’associations débattront de sujets concrets comme la construction et la gestion des mosquées, l’abattage rituel, la formation des imams et des aumôniers, mais aussi de la sécurisation des lieux de cultes et les actes anti-musulmans. Cette structure, à la fois large et souple, se réunira deux fois par an autour du Premier ministre, sur le modèle de « l’instance de Matignon », créée en 2002 pour l’Église catholique. Objectif : apaiser les inquiétudes et élargir le dialogue à cette diversité de musulmans qui ne se sentent pas écoutés. Mais promis, cette nouvelle instance n’a pas vocation à éclipser le CFCM, jure-t-on au ministère de l’Intérieur, qui n’a eu de cesse de rassurer son président, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, qui redoutait un coup de poignard dans le dos. Le gouvernement a tout fait pour ménager sa susceptibilité en lui garantissant que le CFCM serait le pivot de cette instance de dialogue. Et pour preuve de bonne foi, il a été décidé que Dalil Boubakeur prononcerait le discours d’ouverture, juste après celui du Premier ministre, Manuel Valls.

vendredi 29 mai 2015

Vue d'Irlande

La semaine passée, j'ai assisté à un symposium en Irlande où j'ai eu la possibilité de suivre la conférence d'un économiste canadien qui expliquait ce qu'il appelle le « désastre français ». Et j'ai été atterré de relever à quel point notre pays est maintenant regardé comme une bizarrerie aux yeux du monde. S'il est clair que la France détient des atouts indiscutables, avec ses entreprises performantes ou encore sa force de travail particulièrement renommée, notre pays est regardé, sur le plan international, comme un phénomène de foire aux monstres. Ce dépérissement est à l'oeuvre depuis longtemps. Mais si ce déclin est récurrent depuis les années 70, cela n'explique pas tout. Notre président actuel y est pour beaucoup. Si Hollande avait provoqué certains espoirs lors des élections, cela fait longtemps qu'ils ont disparus. Mais si nous jaugeons d'un air désabusé les mesures de Hollande, nous ne réalisons pas comme le regard des étrangers est plus tranchant. Notre pays est devenu célèbre grâce à la décision majeure de notre président : la fameuse taxe à 75% pour les salaires dépassant le million d'euros par an. Une mesure qui s'avère être semblable à une casserole accrochée à la queue d'un chien. Même si ce racket a finalement été aboli, elle reste à l'étranger comme une tache ineffaçable. C'est l'emblème que laisse notre bon gouvernement à l'international. Lors de ce symposium, j'ai parlé avec des participants italiens, et ils résumaient tous le gouvernement actuel à cette taxe saisissante ! Elle a porté un exécrable signal aux investisseurs potentiels. Si, d'un point de vue électoral, c'était une idée particulièrement démagogique, elle aura surtout fait en sorte de retarder la conclusion de cette crise. Avec une certaine malice, l'économiste canadien racontait que « même les cocos n'auraient osé introduire une telle taxe » ! Et la salle de rire. Je vous promets que cela rend tout chose, d'assister à ça. Je n'oublierai pas de sitôt ce symposium en Irlande. François Hollande peut bien faire les représentants en porte-à-porte (quitte à s'afficher aux côtés d'un dictateur à Cuba), la vérité est que la seule promesse qu'il ait tenu est cette fameuse taxe et qu'elle va nous poursuivre un bout de temps sur le plan international. Et pour ceux qui ne connaissent pas le pays, je vais vous laisser le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Irlande, une équipe top.


Comment réussir: être positif

Réussir sa vie. Vivre sa vie de manière positive. Des expressions qu'on a tous employées à un moment ou à un autre de notre existence. Mais qu'est-ce que cela signifie, d'avoir une vie réussie ou positive? Le nouveau magazine Psychologie Positive, lancé en France ce jeudi 30 avril, a posé la question aux Français, qui sont 62% à voir leur vie "de manière positive". Le sondage a été réalisé en ligne du 10 au 12 mars 2015 sur 1005 individus âgés de 18 ans et plus par l'institut CSA. Les résultats de cette étude sont dévoilés ce mardi 28 avril. Ils montrent, entre autres, que pour les Français, le bonheur est presque un choix, du moins quelque chose qui se travaille et qui ne tombe pas du ciel. Ils montrent également qu'une vie positive repose notamment sur deux choses: le sens donné à son existence et les proches qui nous entourent. 55% des personnes interrogées estiment en effet que le bonheur est quelque chose que l'on a déjà en soi, que l'on travaille comme un muscle. Seuls 16% estiment qu'être heureux c'est être chanceux, que "ça nous tombe dessus un peu comme ça". 3/4 des personnes se sentent proches de l'affirmation suivante: "c'est parce qu'on voit la vie de façon positive qu'on réussit". Alors que seulement 1/4 le sont de celle-ci: "c'est parce qu'on réussit qu'on peut voir la vie de façon positive". Il apparaît très clairement que les Français ont l'impression d'avoir en eux les clés d'une vie réussie. Ceux qui pensent qu'ils ont cela en eux sont en tout cas plus heureux que les autres. "Penser que l'on est acteur de son destin permet d'aider à faire en sorte que ces choses nous arrivent", est-il expliqué dans l'étude. Cette idée n'est pas nouvelle et la science s'est déjà intéressée de près à la question. Pour l'auteur du livre The Happiness Advantage, Shawn Achor, c'est bel et bien la recherche du bonheur qui permet d'être heureux, ainsi que de réussir, et non pas le contraire. Dans son livre, il explique qu'une attitude positive permet d'augmenter le bien-être global ainsi que les performances. L'étude se penche également sur les signes d'une vie réussie. Deux facteurs ressortent plus que les autres: être entouré de proches dont on essaye de contribuer au bonheur, ainsi que le sens donné à sa vie. Parmi les 62% des personnes interrogées qui voient leur vie de manière positive, 89% affirment essayer de contribuer activement au bonheur et au bien-être des autres. Ceux qui ne voient pas leur vie de manière positive sont 20% de moins à avoir ce comportement de bienveillance. Ces résultats se retrouvent lorsqu'on demande aux participants quels sont selon eux les signes d'une vie réussie. 97% d'entre eux estiment qu'une famille soudée est un signe d'un bon épanouissement personnel, 96% un couple épanoui. A égalité avec la famille soudée vient "l'équilibre trouvé entre toutes les dimensions de la vie" (97%) et "le sentiment d'avoir une vie qui a du sens (96%), à égalité avec la santé (96%).

Bons conseils pour femme enceinte

La grossesse est, pour les deux parents, le début d'un long parcours semé d'injonctions, qui résonnent comme autant de rappels à la norme, notamment sexuée. Cela va du bon conseil d'amie sur l'allaitement au top 10 des choses à éviter pendant la grossesse, en passant par les injonctions sociales qui irriguent la société en profondeur. C'est ainsi: devenir père ou mère fait de vous un sujet de débat permanent. Or beaucoup de ces conseils véhiculent, plus ou moins à dessein ou parfois totalement inconsciemment, une certaine vision de la parentalité. Souvent, cette vision est sexuée et fonctionne comme un rappel à l'ordre qui procède d’une forme d’essentialisation subite et brutale pour les deux sexes. Pour les mères, la maternité est une expérience singulière d’essentialisation: être vue comme une mère avant d’être une personne, c’est un sacré changement. La grossesse, le fait de se faire sans cesse adresser la parole par des inconnues qui font des commentaires sur votre corps ou que des individus prennent des initiatives étranges comme toucher votre ventre, est déjà de ce point de vue un moment très particulier: votre état dépasse votre personne. Pendant ce temps, le futur père vit une expérience moins visible mais tout aussi troublante… Les injonctions commencent à pleuvoir: il faut savoir que sur ce grand plateau de débat improvisé (imaginez une arène à la David Pujadas ou Arlette Chabot avec dix tables qui se font face), les pères sont pris pour des idiots. Ça commence aux cours de préparation à l'accouchement –le cauchemar des couples pudiques qui pensaient jusqu'ici conserver un certain mystère dans leur vie quotidienne. Là, dans les salles feutrées d'une maternité, on s'adresse quasi exclusivement aux femmes, en n'oubliant jamais d'évoquer le rôle des futurs papas: «Bon, et il faudra être gentil avec elle hein, lui faire des massages, lui préparer des bons dîners...» ou «Pour aider la maman, vous pouvez commencer à préparer le sac de maternité avec elle, d'accord?». Par petites touches, on installe un état de fait: les pères sont d'abord et avant tout considérés comme «annexes» et «complémentaires». Ils ne sont pas au centre du jeu. La mécanique est en place. Et, tout commence là, il faut trouver sa place au père. Mais que faut-il partager et que faut-il garder pour soi? Faut-il discuter épisiotomie et césarienne avec son compagnon? Et par exemple, comment gérer la délicate phase de l’accouchement? En soi, l'accouchement est une vaste période d'objectivisation du corps. Ces moments sont laissés à la discrétion des médecins, qui ont alors le pouvoir. Il faut leur faire confiance. Ainsi, on se retrouve dépossédée, alors que le recours à la césarienne ou même à la péridurale diffère selon les pays. On ne parle plus d’infantilisation mais de biopouvoir, pour reprendre le terme de Foucault. Rien de grave si l’accouchement se passe bien. Mais la frustration de ne pas être associée à des choix qui concernent votre propre corps est difficile à vivre. Le mieux reste d’en parler à ses paires. Quitte à entendre tout et n'importe quoi. Enceinte, c’est ainsi, on écoute les pires récits d’accouchement de copines, de collègues, de cousines etc. On préserve les pères de ces histoires sanglantes, terribles, fatales parfois. Les militantes de l’accouchement naturel qui ont éprouvé un bonheur fou à maîtriser ce moment en parlent, les fans de l’allaitement comme celles qui sont contre s’adressent aux futures mères, cherchent à les influencer. Et déjà des modèles, des visions du corps, de la place de chaque parent, se dessinent et se contredisent. Mais rassurez-vous: les pères aussi font l'objet de sollicitudes. Ils peuvent même trouver des oreilles attentives et compréhensives aux «réunions papas». Si, si, ça existe. Organisées dans certaines maternités à l'heure de l'apéro, elles réunissent des pères anonymes qui peuvent ainsi confier leurs doutes les plus intimes devant des inconnus. Là, on reprend tout à la base, pour «conscientiser», disent les sages-femmes. Autour d'un plateau de cacahuètes, les pères qui ne se connaissent ni d'Ève ni d'Adam converseraient ainsi gaiement, sans honte ni tabou. Une véritable infantilisation qui paniquerait même ceux qui, jusqu'ici, se sont fait confiance.

vendredi 24 avril 2015

Jouer à la Majella

Un séminaire en Italie peut prendre des formes très différentes, selon l'endroit où l'on atterrit. L'année dernière, la direction de mon entreprise m'avait envoyé à Milan, une ville que j'avais bien apprécié pour son dynamisme et son animation. Je pensais atterrir une fois encore dans une des grandes villes d'Italie : Florence, Rome ou Naples, peut-être. Le séminaire de cette année a cependant pris un visage très différent puisqu'on m'a cette fois envoyé dans les Abruzzes, dans le parc national de la Majella. Le parc ne se caractérise pas tant par son caractère italien que par sa position loin du monde. Loin des plages bondées, loin de la foule. C'est un havre de paix formé de montagnes et de champs parsemés d’ermitages médiévaux. Ce parc national italien encercle le massif de Monte Amaro, le deuxième pic le plus haut de tout le massif des Apennins. Culminant à haute altitude, les montagnes de la Majella offrent elles-mêmes une grande variété de reliefs à arpenter. Au pied du massif, des champs et des forêts alpines cèdent peu à peu la place aux paysages semi-désertiques des sommets, constellés de neiges éternelles. Au programme, bien sûr : des randonnées. Mes collègues et moi sommes partis de Decontra, un hameau montagnard à 810 m d’altitude. L'endroit jouit d’un panorama incroyable sur les prairies sauvages au sud de la gorge. De nombreux sentiers débutent à cet endroit, pour s'élancer à l’assaut des sommets ou paresser parmi les fleurs sauvages. Nous avons pris une demi-journée pour crapahuter jusqu’à San Bartolomeo. Au terme d’un sentier rocailleux longeant les champs, nous avons ainsi traversé le plateau de Valle Giumentina débouchant sur ce sanctuaire médiéval. Les pistes ondulent entre les troupeaux de moutons et les chemins herbeux sont bordés de curieuses habitations coniques (désertées par les bergers). On dit qu’il y a des années, quand un missionnaire chrétien égaré s'aventurait dans les montagnes, ils se cachaient dans une grotte pour former une nouvelle faction. On trouve d’autres ermitages en pierre en plongeant dans le monde de la gorge d’Orfento. En bas de la gorge, il y a bien sûr la rivière Orfento, avec ses rives ombragées cernées d'une verdure luxuriante et ses sentiers isolés longeant les eaux cristallines. L'endroit est absolument splendide et offre un très agréable sentiment d'isolement. Les endroits qui ne sont pas envahis par les touristes sont de plus en plus rares, et c'est pourquoi ce séminaire en Italie s'est-il avéré au final encore plus riche que celui de l'année dernière. Suivez le lien vers l’organisateur de ce séminaire en Italie si cette expérience vous intéresse.

Vers la fin du socialisme ?

Nous assistons en direct à la disparition du socialisme, incapable d’entretenir des illusions et de nouer des alliances électorales, et balayé de son ancrage territorial. Le socialisme, tel que l’incarne François Hollande, repose sur trois piliers. D’abord, la capacité à faire vivre des illusions : raser gratis, accroître le temps libre, créer de nouvelles allocations et toujours repousser les réformes essentielles. Ensuite, la constitution d’un maillage territorial très puissant, souvent mêlé de clientélisme, qui a permis à la Rue de Solferino de distribuer des mandats de manière à faire taire les divisions. Enfin, la prédisposition à nouer des alliances électorales, notamment avec la gauche de la gauche et les Verts. Ces trois piliers sont en train de voler en éclats. Du côté des illusions, les socialistes ont été servis. Ils ont vécu pendant quelques mois en se récitant certains passages du discours du Bourget de janvier 2012. Ils ont mis leurs espoirs de côté pendant toute la durée du débat sur le “mariage pour tous” en croyant qu’il était plus important de changer la vie que d’améliorer les conditions de vie. Et une fois passé ce débat sociétal, ils se sont rendu compte que François Hollande les avait bernés, que la finance, loin d’être une ennemie, était une amie, que Bruxelles exigeait le gel des pensions et de la rémunération des fonctionnaires, et qu’il fallait maintenant passer à la caisse. C’est ce qui a provoqué la déroute aux municipales de 2014 puis, juste après, aux élections européennes. Mais François Hollande continuait de croire à son incroyable baraka. “Monsieur 3 %”, comme on l’appelait au PS en 2011, a fait le pari que la droite allait se faire broyer par le Front national et que, faute de candidat “acceptable”, il serait en mesure d’affronter Marine Le Pen au second tour de 2017. Les terribles attentats de janvier lui ont même permis d’endosser enfin une stature présidentielle qu’il avait laissée au portemanteau de l’Élysée. Avec ces élections départementales, il voit se défaire sous ses yeux le maillage territorial si important pour un parti où les divergences sont si fortes qu’elles ne peuvent être dissoutes que dans la distribution de présidences de département ou de région. Dans quelques jours, la gauche, qui dirigeait 61 départements, n’en contrôlera plus qu’une petite trentaine. Après la perte de nombreuses grandes villes l’an passé et la défaite des régionales à la fin de cette année, ce scrutin marque la disparition du socialisme territorial. Le dernier pilier du socialisme, depuis le congrès d’Épinay (1971), réside dans sa capacité à nouer des alliances. Ce qu’il n’a pas su faire pour ces élections départementales. Pour être bien présent de nouveau en 2017, François Hollande aurait besoin de se réconcilier avec les frondeurs, avec les Verts et avec la gauche de la gauche. Pour cette dernière, il ne se fait plus guère d’illusions. Jean-Luc Mélenchon et ses satellites ne se feront pas avoir deux fois de suite et préfèrent marcher sur les traces de Syriza, même si elles mènent à l’abîme, plutôt que de nouer un pacte faustien avec un président socialiste qui prend ses ordres à Bruxelles. S’agissant des frondeurs, ce n’est pas plus simple, car il lui faudrait sinon changer de politique économique, du moins distribuer un peu de pouvoir d’achat. Or la croissance, si elle revient vraiment, reste trop timide pour envisager la moindre entorse à la politique de rigueur budgétaire. D’autant que les économies demandées par la Commission européenne pour 2015 ne sont pas encore financées. Quant aux Verts, ils sont bien trop gourmands pour que François Hollande parvienne à trouver la moindre entente avec eux. Si Manuel Valls n’était pas premier ministre, il pourrait transiger sur la question des sans-papiers, sur les projets de barrage ou d’aéroport. Mais les fidèles de Cécile Duflot posent en préalable à tout accord la fermeture d’un bon nombre de réacteurs nucléaires. Or c’est une mesure que la France ne peut assumer ni sur le plan technique ni sur le plan financier. Il n’y aura donc plus d’alliance avec les écologistes.

Le problème de la loi sur le renseignement

La loi sur le renseignement discutée à l'Assemblée nationale suscite de nombreuses craintes, venant aussi bien d'associations d'activistes du web que de syndicats, sur son éventuel caractère liberticide. Quelles sont les principales sources d'inquiétudes et sont-elles justifiées ? Le problème c'est la création d'une autorité administrative indépendante qui n'a aucun pouvoir réglementaire. On pourrait espérer qu'une autorité qui contrôle les techniques de renseignements le fasse effectivement. Ce n'est pas le cas, elle sa cantonnera au terrain administratif à vérifier qu'un service habilité pour un motif prévu par la loi effectue une certaine technique de renseignement. C'est un contrôle en amont, mais tout l'enjeu quand on parle de renseignements se passe en aval. Par définition, l'information brute n'est pas encore analysée ni qualifiée comme renseignement utile. Jusqu'à présent le projet de loi prévoit des durée de conservation selon le type de durée concernée. Cela peut-être court – 6 mois – pour les correspondances électroniques. Une conservation plus longue, un an, est faite pour les données de localisation. Quant aux données de trafic (les sites sur lesquelles vous vous rendez par exemple), elles, peuvent être gardées 5 ans. Ces durées s'ajoutent au temps que les acteurs privés (opérateurs de télécom, fournisseurs d'accès, éditeur de réseaux sociaux) doivent conserver des donées de leur utilisateur. De tout cela, l'autorité de contrôle n'aura un oeil que sur la validité de la demande, avant la collecte de données. Ensuite, il n'y aura pas de contrôle sur ce qui a été collecté et qui peut donc être gardé pendant 5 ans. Il y a un premier décret passé le 24 décembre qui a mal été vécu car conçu en catimini, concernant les écoutes. La crainte était à juste titre car beaucoup faisait le paralèlle avec les Etats-Unis et le Patriot Act qui a mis toute la population américaine sur écoute. Mais en France, deux éléments nous protègent : primo, nous n'avons pas les moyens des services américains ; secundo, nous avions jusqu'au début des années 90 une des lois les plus laxistes en matière d'écoutes, mais suite aux affaires de la cellule de l'Elysée, Michel Rocard a fait voté en 1991 une loi plus restrictive et protectrice. Ayant le texte de la loi en discussion, je ne suis pas particulièrement inquiet sur l'aspect liberticide, même si certaines dispositions peuvent interpeller : je pense notamment au placement sous surveillance sans qu'un magistrat donne son avis, avec un contrôle seulement a posteriori. Effectivement, il y a un risque. En outre, cette loi ne traite pas stricto sensu du renseignement, elle porte mal son nom. Elle encadre plutôt les méthode de recueil d'information par la police et les services du ministère de l'Intérieur, cela ne donne pas plus de pouvoir à la DGSE.

lundi 9 mars 2015

Bis repetita placeo et montgolfière

Lors d'un passage dans l'Orne l'année dernière, j'ai découvert un joli petit château de multiples manières. Depuis les airs d'abord, lors d'un vol en montgolfière que j'effectuais avec des amis ; puis à pied pour en explorer l'intérieur. Si vous passez par ce département un jour, il mérite bien une petite visite. Imaginez le lieu. Majestueux, surplombant de splendides terrasses, le château de Sassy domine fièrement les vallons environnants, dans la campagne d’Argentan. Datant du XVIIIe siècle, il vient de subir une restauration qui met en valeur ses murs de pierre et de brique ainsi que son orangerie. Lorsqu'on pénètre dans le château par la cour d’honneur, on est saisi par l’élégance des bâtiments en U, très bien entretenus. Il en va de même à l’intérieur où l’on peut parcourir des appartements ornés de tapisseries d’Aubusson et des Gobelins. Le mobilier y est superbe, notamment la bibliothèque du chancelier Pasquier qui publia six tomes de ses Mémoires allant de la fin de Louis XVI à la Restauration et la monarchie de Juillet. La famille d’Audiffret-Pasquier est toujours propriétaire depuis 1850 de ce domaine, veillant sur son intégrité. De sublimes jardins à la française s’ouvrent sur la campagne environnante, par trois terrasses somptueuses. Ce jardin a été réalisé en 1925 seulement, par le paysagiste Achille Duchêne à la demande du duc d’Audiffret. L’ancien potager, situé au pied du château, a été remplacé par trois terrasses plantées de nombreux buis et ifs taillés, mis en valeur par des allées de sable rose. Les murs entourant le potager ont été abaissés pour créer une belle perspective sur la vallée. Sur la dernière terrasse dort un bassin entouré de parterres symétriques majestueux. Quand on en gagne l’extrémité, il suffit de se retourner pour avoir une vue splendide sur le jardin et le château. Je ne pensais pas retourner là-bas un jour. Et pourtant, j'ai appris aujourd'hui que mon prochain séminaire d'entreprise aurait justement lieu là-bas ! Et, mieux encore, qu'il y avait au programme un vol en montgolfière qui était prévu pour l'occasion ! Je ne suis pas mécontent de réitérer cette expérience (le vol en montgolfière est une expérience étonnante et très dépaysante), mais je suis toujours sidéré de redécouvrir à quel point le monde peut être petit, par moments. Et pour ceux que cela intéresse, je vous laisse le lien vers ce site de vol en montgolfière.


Les riches doivent-ils se révolter ?

L’impôt est un sujet austère que l’actualité met parfois en spectacle. L’épisode brouillon de l’exil fiscal de Gérard Depardieu et la fraude fiscale avouée du ministre du budget Jérôme Cahuzac ont successivement braqué les projecteurs sur l’effort des riches pour échapper à l’impôt. Tandis que le premier épisode attirait l’attention sur d’autres riches contribuables qui eussent aimé plus de discrétion, tel Bernard Arnault, plus grosse fortune de France essayant d’obtenir la nationalité belge, le deuxième donnait plus de saveur encore aux révélations du Offshore Leaks, fuite de documents listant quelques bénéficiaires de comptes bancaires dans les paradis fiscaux. Exil fiscal, évasion fiscale, ces deux faces de l’effort antifiscal ne sont pas une spécificité française mais caractérisent la vaste communauté cosmopolite des riches à la recherche des territoires fiscaux les mieux disants, les moins gourmands et les plus opaques. Même la Suisse, longtemps modèle des paradis fiscaux, n’est plus épargnée, comme en témoigne le tollé sucité au même moment par le parachute doré du PDG de la multinationale pharmaceutique Novartis (qui a fini par y renoncer, avant d’évoquer son possible exil fiscal au moment où les Suisses adoptaient une proposition référendaire pour limiter les rémunérations). Entre l’évocation de l’exil fiscal des riches et l’évasion fiscale, il y eut toutefois un grand retournement : autant la première fut accompagnée d’un concert d’approbations des protestations des riches, aidés par des médias s’indignant à l’unisson d’une pression fiscale excessive, autant la fraude fiscale d’un ministre, de surcroît en charge de la lutte contre cette même pression fiscale, fut unanimement condamnée, avant que cette réprobation ne s’étende aux paradis fiscaux. Il s’agit pourtant de deux procédés servant le même but. Sans doute l’exil fiscal est-il légal, s’il n’est pas tout à fait loyal, puisque uniquement valable sur le papier : Gérard Depardieu n’ira pas vivre dans un village belge, bien trop ennuyeux, pas plus que dans une ex-république soviétique « dangereuse » ; sans doute, à l’inverse, l’évasion fiscale est-elle à illégale et, en principe, pourchassée par tous les Etats même les plus cléments. Serait-on tout à coup si sensibles à la légalité ? On sait évidemment que la fraude fiscale paraît parfaitement légitime aux fraudeurs. Et même à beaucoup de ceux qui ne sont pas assez riches pour en profiter mais qui, par une ruse de la raison, l’approuvent : c’est que, jugent-ils, s’ils étaient riches, il ne manqueraient d’en faire autant. Façon de préserver des rêves de richesse qui ne se réaliseront jamais. Dans ce concert hypocrite, l’exil fiscal et l’évasion fiscale attirent donc l’attention sur un phénomène majeur de notre époque d’enrichissement des riches : leur révolte.

Les élites françaises

Amphi Boutmy, le 16 janvier 2014. L’administration de Sciences Po a bien fait les choses. Il est vrai que l’invitation des anciens élèves n’est pas seulement un rite nostalgique mais qu’il s’agit de lever des fonds. Les anciens — ils ont dépassé la cinquantaine et les têtes sont majoritairement blanches — sont donc accueillis par la directrice de la stratégie et des relations publiques, Brigitte Taittinger-Jouyet. Le directeur Frédéric Mion va exposer ses idées sur Sciences Po, annonce-t-elle. Le nouveau directeur répond aux questions que lui pose la responsable de l’école de journalisme… de Sciences Po. Les questions que le public est censé se poser. On ne parlera évidemment pas du scandale des rémunérations d’une institution qui, à force de vanter les vertus du secteur privé, a donné à ses dirigeants l’envie d’en bénéficier, et d’abord des salaires et des primes. On évoquera encore moins la mort de l’ancien directeur dans un hôtel de New York. On a d’ailleurs déjà oublié la crise de succession. Et puisque tout allait bien ou presque, Sciences Po poursuit la même politique. Car l’école accumule les succès, bénéficie d’une notoriété internationale croissante, améliore son excellence dans tous les domaines, développe son campus urbain, s’ouvre sur la diversité de la société et renforce ses ressources en compétences intellectuelles. C’est le directeur qui le dit. L’exercice est parfaitement exécuté mais paraîtrait trop préparé si la salle n’était pas invitée à parler. Une douzaine de questions convenues ne risquent pas de perturber la démonstration. Pourtant, un retraité distingué s’adresse au directeur en reprenant ses propos sur l’excellence de Sciences Po, ses progrès, son ouverture. Une école extraordinaire, mais corrige-t-il, « comment expliquer que depuis 15 ans la France ait connu une des plus fortes hausses du chômage en Europe, une des plus fortes hausses de la dette publique et que les finances publiques soient en aussi mauvais état ? Or Sciences Po forme les élites qui ont abouti à ces résultats », conclut-il. La salle est un peu interloquée devant tant d’audace. Avec son pedigree d’excellence, le directeur ne peut être embarrassé. Posément, il répond que le jugement est un peu excessif, qu’il y a des points positifs dans l’évolution du pays, qu’on peut interpréter différemment les problèmes évoqués. Dans la forme comme dans la substance, une exhibition de rhétorique officielle. Il ne serait pas convenable de répondre aux questions inconvenantes. Le public de l’amphi Boutmy a été convaincu par les explications du directeur. Les anciens sont venus pour entendre célébrer le capital culturel avec lequel ils vivent depuis plusieurs décennies. Ainsi vont les rituels de célébration des groupes élus qui ne viennent pas s’infliger un exercice de doute ou d’autocritique. Nul n’attendait une réponse à la question sinon la réaffirmation de l’excellence de l’école. Le directeur a pourtant implicitement répondu en reconnaissant, par le silence, son statut dans la formation des élites françaises. Imagine-t-on ailleurs un directeur défendre son établissement en défendant son pays ? On ne peut mieux avouer qu’on se prend pour le pays. Et le directeur ne manque pas de bonnes raisons de le penser.

lundi 26 janvier 2015

La libération Macron

Aujourd’hui, les conditions d’ouverture du capital des professions réglementées du droit sont très contraintes : –– Il est impossible, pour les professionnels d’un même secteur, de s’associer sans exercer leurs fonctions au sein de la même structure ; –– Il est impossible d’organiser des regroupements entre professions réglementées d’une même « famille d’activité ». Ce système nuit à l’interprofessionnalité. Il restreint les moyens des professionnels, en particulier des jeunes souhaitant démarrer leur activité. Il freine leur capacité à investir, à innover et à se développer. Ouverture du capital entre professionnels du droit et pour une part aux experts comptables (1/3 des droits de vote au plus). Concrètement, un avocat et un notaire pourront s’associer librement au sein d’une même structure : ils pourront ainsi proposer une offre globale à leurs clients. Pour les professionnels, ces nouvelles structures auront beaucoup de sens dans des villes moyennes : elles faciliteront les premières installations entre jeunes professionnels, ainsi que les transmissions d’entreprise. Elles permettront d’atteindre plus rapidement une taille critique et de la conserver ensuite. Pour les entreprises et les particuliers, cette mesure sera synonyme de services plus complets, en conformité avec leurs besoins. Ouverture du capital des sociétés d’exercice libéral (SEL) aux personnes exerçant la même profession, mais n’exerçant pas leurs fonctions au sein de la structure. Concrètement, un jeune notaire souhaitant s’installer pourra, par exemple, faire entrer au capital un notaire qui ne travaillera pas au sein de la structure. Ouverture du capital des sociétés de participations financières de profession libérale (SPFPL) – c’est-à-dire les holdings – aux professionnels européens qui exercent la même profession et dont la qualité est reconnue. Favoriser le développement des structures en facilitant le recours à de nouvelles sources de financement. L’ouverture du capital offrira des possibilités de ressources supplémentaires, afin de réaliser des investissements, d’embaucher, d’acquérir de nouveaux locaux… Faciliter l’installation et renforcer encore le maillage territorial. L’ouverture du capital entre professionnels du droit permettra une meilleure mutualisation des charges et une installation plus facile et plus pérenne dans les zones les moins peuplées. Élargir l’offre de service des particuliers et des entreprises en créant des synergies entre professionnels au sein de même structure. Permettre l’investissement, en particulier dans les plates-formes internet. L’ouverture du capital offrira aux professionnels les moyens et les ressources nécessaires à la création de plateformes internet, afin de leur permettre de se positionner sur ce nouveau segment porteur. Accroître l’influence des entreprises françaises sur la scène européenne. Grâce aux nouveaux moyens financiers et juridiques, les professionnels du droit français pourront disposer des ressources nécessaires pour se développer en Europe avec leurs homologues. Les structures à fondation nationale pourront alors concurrencer les actuels groupes européens par une croissance externe et augmenter ainsi leur volume d’activité. Source: Agence Incentive.

Quelle unité politique ?

L’émotion suscitée par les attentas contre Charlie Hebdo fut importante mais le poids des faits et des réalités est de retour. La pression des intérêts partisans est telle que la belle unité nationale va voler en éclat, et d’abord à gauche. Le président de la République a, certes, regrimpé dans les sondages avec le Premier ministre, il a su parfaitement gérer cette crise épouvantable. L’ensemble de l’exécutif a fait, jusqu’à la semaine dernière, un parcours sans faute, notamment le discours de Manuel Valls ovationné par l’ensemble de la représentation nationale. Dès la semaine prochaine, cette belle unité va voler en éclat. Tous les dossiers qui sont dans l’actualité vont donner matière à débat entre la gauche et la droite. Plus grave, certains de ces dossiers vont à nouveau souligner les fractures au sein même de la majorité. 1e série de dossiers : les questions de politique étrangère. L’engagement de la France dans la lutte contre Daesh en Syrie ou au Yémen va mettre en lumière des désaccords profonds. Il y a, en France, une partie de la classe politique qui est très réservée sur l’engagement militaire. La droite n’est pas unanime. A gauche, on sent bien que les thèses défendus par Manuel Valls, le Drian ou Fabius ne sont pas partagées par le reste du gouvernement. 2e série de dossiers : les mesures de sécurité intérieure vont entrainer une vraie fracture. La semaine dernière, tout le monde était d’accord. Ceux qui ne l’étaient pas se taisaient emportés par l’émotion générale. Mais globalement, la droite va proposer des mesures de renforcement qui correspondent à celles que prépare Manuel Valls. Pourtant, il existe des membres du gouvernement, des députes et des militants qui ne sont pas d’accord sur le diagnostic et sur les moyens. Le discours de Najat Vallaud-Belkacem est complètement à côté de la plaque. Elle n’a pas compris que l’Éducation Nationale était un système pédagogique complètement ruiné et dépassé. Tout comme la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui n’a absolument rien compris à l’ampleur du problème qui a gangrené les prisons françaises. 3e série de dossiers : la politique économique et particulièrement la loi Macron. Cette dernière va faire ressurgir un clivage entre ‘la gauche de la gauche » et « la droite de la gauche ». Emmanuel Macron, qui a commencé à défendre sa loi en commission, a déjà reçu les tirs de barrage des écologistes et du Front de gauche. En ce début de semaine, il n’y a pas de majorité pour faire voter cette loi. Il manquera une trentaine de voix. Manuel Valls ne les trouvera pas à droite ou au centre. Or, cette loi aussi minimal soit-elle est très attendue par les européens et par les milieux d’affaires. Le gros souci pour les milieux d’affaire va être de savoir quelle sera la position du président de la République. Restera-t-il sur une ligne rigoureuse afin de préserver l’unité nationale qui l’a porté pendant les évènements ou va-t-il mollir, refaire de la politique pour ménager les uns et les autres. Va-t-il marier Manuel Valls, qui sait précisément où il va (ce que tout le monde apprécie), avec Cécile Duflot qui enchaine des postures purement politiciennes pour essayer de conserver son fonds de commerce. Difficile d’être Charlie très longtemps face aux positions des uns et aux convictions des autres. Et surtout face aux intérêts corporatistes. François Hollande a été Président pendant deux semaines. Il risque de retomber dans son travers de chef de parti à la recherche de ses troupes égarées. Quel temps perdu ! Les chiffres et la réalité économique vont reprendre le dessus et la politique politicienne reprendre ses droits. Bien naïfs ceux qui ont pu penser que Charlie pouvait changer la classe politique.

Grève et inransigeance

Près de 200 grévistes CGT battaient encore le pavé hier matin dans la cour de Ratier-Figeac. Une deuxième semaine de grève débute à laquelle ne participaient pas leurs collègues de la CFDT. Ils étaient appuyés par des représentants de toute la Mécanic Vallée, venus de Corrèze ou d’Aveyron, ainsi que des entreprises du Grand Figeac. Intransigeant sur la revendication d’une augmentation de 70 € bruts mensuels pour tous les salariés, Jérôme Delmas rappelait que vendredi 16 janvier, les grévistes avaient refusé, à plus de 66 %, la dernière proposition patronale de 50 €. «70 € de plus pour tous, c’est possible, poursuivait-il. Cela représente seulement une augmentation de 2,2 %, de la masse salariale.» «C’est une revendication légitime et juste, insistait Alain Hébert, CGT Mécanic Vallée. Cette grève, il en va de la responsabilité de la direction, mais pas seulement. Nous avons demandé qu’un médiateur soit nommé, mais nous n’avons pas de réponse des pouvoirs publics.» «Nous avons rencontré le directeur des ressources humaines de Ratier, explique Laurent Alexandre de la CGT, mais il est resté fermé à la discussion.» La direction a décidé vendredi de ne pas rouvrir les négociations et de maintenir une proposition qu’elle estime «tout à fait raisonnable». «Que chacun prenne ses responsabilités et la mesure de cet outil de travail qu’il y a sur le Figeacois. Il est temps de reprendre l’activité pour servir le client et les intérêts de l’entreprise, dans une conscience collective, pour que demain notre capacité soit toujours aussi belle», nous précisait Philippe Atrous, DRH. Hier matin, la direction dénombrait une centaine de grévistes et annonçait la reprise de la production.