jeudi 3 décembre 2015

Sous les rotors

Cela faisait un moment que je rouillais dans mon canapé, me laissant avoir par le quotidien. Métro, boulot, télé, dodo. Tel était mon credo depuis quelques temps. Où était passée ma soif d'expérience, d'aventures, d'activités nouvelles ? Où était passé le petit garçon qui voulait tout faire et tout savoir ? Du coup, j'ai décidé de réagir. Et la semaine dernière, j'ai donc réalisé une nouvelle expérience : un vol en hélicoptère à Paris. Une expérience bien sympathique que « le petit garçon qui sommeille en chacun de nous » a beaucoup apprécié. D'autant qu'elle était très différente de l'avion ! D'abord, ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est qu'on est moins confiné dans un hélico. Comme dans un avion, il est obligatoire de mettre sa ceinture de sécurité, mais il n’est pas obligatoire de porter un casque. Cependant, il vaut mieux en mettre un si vous voulez discuter avec le pilote, car avec le bruit ambiant dans la cabine, il faudrait beugler comme un âne pour tenir une conversation sans micro ! Côté sensations, en revanche, c'est beaucoup plus doux que dans un avion. A tel point que je ne me suis pas rendu compte tout de suite que nous avions quitté le sol ! En cours de vol, il y a bien eu quelques secousses, mais assez modérées ; un californien ne les aurait même pas remarquées ! En fait, c'est si calme qu'on en oublie vite où on se trouve pour profiter des paysages qui défilent lentement. Parce que c'est vraiment là, à mon sens, l'intérêt de l'aventure : la vue. Voir le monde depuis un hélicoptère est une expérience grandiose. Je connaissais déjà l'endroit, mais je dois dire que je l'ai vraiment redécouvert en l'observant depuis les airs. Il a pris une autre dimension. Surtout que l'appareil sait mettre à l'honneur le paysage : il y a en effet des vitres partout ! Le seul point noir, au final, c'est qu'en photo, ça ne rend absolument rien. Si vous faites un jour un vol en hélicoptère ne perdez pas votre temps à prendre des photos à tout-va. Non seulement le résultat sera décevant, mais en plus vous risquez de passer à côté de cette expérience. Ce qui serait franchement dommage, eu égard au prix et au peu de temps qu'il dure ! Je vous laisse le lien du prestataire de mon vol en hélicoptère, suivez le lien, si l’expérience vous tente.


La Turquie bombarde encore le PKK

Les avions de combat turcs ont frappé dans la nuit de vendredi à samedi sept objectifs des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans leurs bases arrières du nord de l’Irak, a confirmé le gouvernement dans un communiqué. Les opérations aériennes se sont également poursuivies contre le groupe djihadiste État islamique (EI) sur le territoire syrien, selon le texte des services du Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui ne précise pas le nombre de cibles visées. « Des attaques ont été menées contre des objectifs du groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l’EI) en Syrie et du groupe terroriste PKK dans le nord de l’Irak », ajoute le communiqué publié samedi matin sur le site internet du chef du gouvernement. Parmi les objectifs du PKK visés figurent des « abris, hangars, cavernes et installations logistiques remplies de munitions », selon le texte. Les autorités turques ont également indiqué que, en marge de l’opération aérienne menée par les avions F16 depuis leur base de Diyarbakir (sud-est), l’artillerie turque avait également ouvert le feu sur des objectifs de l’EI et du PKK. Longtemps critiquée pour son inertie vis-à-vis des groupes radicaux hostiles au régime syrien, la Turquie s’est résolument engagée dans la lutte contre le mouvement djihadiste en menant vendredi à l’aube un premier raid aérien contre le groupe djihadiste sur le territoire syrien. Ce changement de stratégie est intervenu dans la foulée de l’attentat suicide, attribué à l’EI, qui a fait 32 morts et une centaine de blessés lundi dans la ville de Suruç, près de la frontière syrienne. Depuis lundi, le PKK a multiplié les attaques contre les forces de l’ordre turques, en riposte a-t-il dit à l’attaque de Suruç qui a visé des jeunes militants de gauche proches de la cause kurde. Les frappes aériennes turques de vendredi soir menacent de faire voler en éclats le processus de paix engagé entre le gouvernement et les rebelles kurdes à l’automne 2012. Depuis plus de deux ans, un cessez-le-feu était globalement respecté entre les deux parties.

Ces parlementaires qui se baladent en Crimée

Sans doute ignorants de l’Histoire, huit parlementaires français, dont sept appartenant à l’aile le plus droitière du parti de Nicolas Sarkozy, ont rendu visite à la Crimée, défilant sans la moindre honte entre les murs d’un pays Potemkine soigneusement organisé pour leur faire croire que tout allait bien dans la région ukrainienne annexée par la force à la Fédération de Russie. Comme le fit, selon les historiens de l’époque, le ministre de la défense, le général Mikhaïl Sergueïvitch Potemkine, lorsqu’il « déguisa » la région en riche pays dépourvu de pauvres lors de la visite de l’impératrice Catherine II en voyage d’inspection en Crimée en 1787. Une vieille technique russe car elle fut souvent utilisée sous le régime communiste pour montrer l’Union soviétique sous un jour favorable aux délégations étrangères qui oubliaient volontiers les atteintes aux droits de l’Homme en mangeant le caviar et en buvant la vodka. Thierry Mariani, Jacques Myard, Claude Goasgen, Nicolas Dhuick, Patrice Verchère, Sauveur Gandolfi-Scheit, Marie-Christine Dalloz-Maylam, Joëlle Garriaud et quelques autres ont donc expliqué que tout les habitants de la Crimée (tous ceux qu’on leur avait fait rencontrer…) étaient contents de leur sort et du coup de force ayant arraché la région à l’Ukraine sous la pression de l’armée russe. Ils ont même ajouté qu’ils n’avaient rencontré aucun militaire dans les rues, ce qui tend à prouver qu’ils ne sont pas beaucoup sortis de leur hôtel avant d’aller faire révérence au Président de la Douma russe à Moscou. Au dernier moment, deux sénateurs avaient renoncé au voyage. Ils n’ont donc pas participé à la remise d’une médaille commémorative de l’Assemblée Nationale au « président » de Crimée désigné par Poutine, Sergeï Aksoyunov. Ils ont même rencontré un « représentant » heureux de la minorité Tatare alors que le responsable élu de cette communauté est interdit de séjour en Crimée et que la chaine de télévision qui les informait de façon indépendante a été fermé sur l’ordre de Moscou. Tandis que les membres de cette communauté subissent de plus en plus de la répression des nouvelles autorités alors qu’ils représentent entre 12 et 15 % de la population. Cette visite d’hommage à la Russie de Poutine rappelle à quel point les parlementaires qui se nomment désormais les « Républicains », sont attirés, comme leur patron Nicolas Sarkozy, voire fascinés, par l’Etat fort et autoritaire (pour ne pas dire plus) que représente actuellement une Russie où la chasse aux opposants est permanente et ou règne la loi des oligarques. Sans oublier la répression qui vise, à travers des textes de loi, les associations, les écologistes, les intellectuels et les homosexuels. Avec l’appui (et souvent à la demande) d’une église orthodoxe qui organise la dénonciation des « mauvaises mœurs » avec l’appui de l’Etat. Tandis que les petits tyrans de province assurent, comme le maitre du Kremlin, la disparition de ce qui reste de presse libre, fermant les rares médias indépendants les uns après les autres. Tout en laissant quelques homme s’affaires, nationaux ou régionaux, organiser le pillage des ressources naturelles. Comme en Crimée, bien sur. Il ne manque plus qu’une délégation du Front National pour (re)venir en Crimée proclamer sa fascination pour l’homme fort du Kremlin et exhiber ses fantasmes répressifs. Et une autre de ce qui reste de l’extrême gauche pour venir expliquer que, bon, Poutine n’est pas vraiment sa tasse de thé, mais que tout ce qui se passe dans la province occupée est la faute de l’Otan, de l’Europe, des Etats Unis ou de la CIA et que donc, il faut « comprendre », voir soutenir les Russes dans leurs efforts d’extension territoriale.