La semaine passée, j'ai assisté à un symposium en Irlande où j'ai eu la possibilité de suivre la conférence d'un économiste canadien qui expliquait ce qu'il appelle le « désastre français ». Et j'ai été atterré de relever à quel point notre pays est maintenant regardé comme une bizarrerie aux yeux du monde. S'il est clair que la France détient des atouts indiscutables, avec ses entreprises performantes ou encore sa force de travail particulièrement renommée, notre pays est regardé, sur le plan international, comme un phénomène de foire aux monstres. Ce dépérissement est à l'oeuvre depuis longtemps. Mais si ce déclin est récurrent depuis les années 70, cela n'explique pas tout. Notre président actuel y est pour beaucoup. Si Hollande avait provoqué certains espoirs lors des élections, cela fait longtemps qu'ils ont disparus. Mais si nous jaugeons d'un air désabusé les mesures de Hollande, nous ne réalisons pas comme le regard des étrangers est plus tranchant. Notre pays est devenu célèbre grâce à la décision majeure de notre président : la fameuse taxe à 75% pour les salaires dépassant le million d'euros par an. Une mesure qui s'avère être semblable à une casserole accrochée à la queue d'un chien. Même si ce racket a finalement été aboli, elle reste à l'étranger comme une tache ineffaçable. C'est l'emblème que laisse notre bon gouvernement à l'international. Lors de ce symposium, j'ai parlé avec des participants italiens, et ils résumaient tous le gouvernement actuel à cette taxe saisissante ! Elle a porté un exécrable signal aux investisseurs potentiels. Si, d'un point de vue électoral, c'était une idée particulièrement démagogique, elle aura surtout fait en sorte de retarder la conclusion de cette crise. Avec une certaine malice, l'économiste canadien racontait que « même les cocos n'auraient osé introduire une telle taxe » ! Et la salle de rire. Je vous promets que cela rend tout chose, d'assister à ça. Je n'oublierai pas de sitôt ce symposium en Irlande. François Hollande peut bien faire les représentants en porte-à-porte (quitte à s'afficher aux côtés d'un dictateur à Cuba), la vérité est que la seule promesse qu'il ait tenu est cette fameuse taxe et qu'elle va nous poursuivre un bout de temps sur le plan international. Et pour ceux qui ne connaissent pas le pays, je vais vous laisser le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Irlande, une équipe top.
vendredi 29 mai 2015
Comment réussir: être positif
Réussir sa vie. Vivre sa vie de manière positive. Des expressions qu'on a tous employées à un moment ou à un autre de notre existence. Mais qu'est-ce que cela signifie, d'avoir une vie réussie ou positive? Le nouveau magazine Psychologie Positive, lancé en France ce jeudi 30 avril, a posé la question aux Français, qui sont 62% à voir leur vie "de manière positive".
Le sondage a été réalisé en ligne du 10 au 12 mars 2015 sur 1005 individus âgés de 18 ans et plus par l'institut CSA. Les résultats de cette étude sont dévoilés ce mardi 28 avril. Ils montrent, entre autres, que pour les Français, le bonheur est presque un choix, du moins quelque chose qui se travaille et qui ne tombe pas du ciel. Ils montrent également qu'une vie positive repose notamment sur deux choses: le sens donné à son existence et les proches qui nous entourent.
55% des personnes interrogées estiment en effet que le bonheur est quelque chose que l'on a déjà en soi, que l'on travaille comme un muscle. Seuls 16% estiment qu'être heureux c'est être chanceux, que "ça nous tombe dessus un peu comme ça". 3/4 des personnes se sentent proches de l'affirmation suivante: "c'est parce qu'on voit la vie de façon positive qu'on réussit". Alors que seulement 1/4 le sont de celle-ci: "c'est parce qu'on réussit qu'on peut voir la vie de façon positive".
Il apparaît très clairement que les Français ont l'impression d'avoir en eux les clés d'une vie réussie. Ceux qui pensent qu'ils ont cela en eux sont en tout cas plus heureux que les autres. "Penser que l'on est acteur de son destin permet d'aider à faire en sorte que ces choses nous arrivent", est-il expliqué dans l'étude.
Cette idée n'est pas nouvelle et la science s'est déjà intéressée de près à la question. Pour l'auteur du livre The Happiness Advantage, Shawn Achor, c'est bel et bien la recherche du bonheur qui permet d'être heureux, ainsi que de réussir, et non pas le contraire. Dans son livre, il explique qu'une attitude positive permet d'augmenter le bien-être global ainsi que les performances.
L'étude se penche également sur les signes d'une vie réussie. Deux facteurs ressortent plus que les autres: être entouré de proches dont on essaye de contribuer au bonheur, ainsi que le sens donné à sa vie.
Parmi les 62% des personnes interrogées qui voient leur vie de manière positive, 89% affirment essayer de contribuer activement au bonheur et au bien-être des autres. Ceux qui ne voient pas leur vie de manière positive sont 20% de moins à avoir ce comportement de bienveillance.
Ces résultats se retrouvent lorsqu'on demande aux participants quels sont selon eux les signes d'une vie réussie. 97% d'entre eux estiment qu'une famille soudée est un signe d'un bon épanouissement personnel, 96% un couple épanoui.
A égalité avec la famille soudée vient "l'équilibre trouvé entre toutes les dimensions de la vie" (97%) et "le sentiment d'avoir une vie qui a du sens (96%), à égalité avec la santé (96%).
Bons conseils pour femme enceinte
La grossesse est, pour les deux parents, le début d'un long parcours semé d'injonctions, qui résonnent comme autant de rappels à la norme, notamment sexuée.
Cela va du bon conseil d'amie sur l'allaitement au top 10 des choses à éviter pendant la grossesse, en passant par les injonctions sociales qui irriguent la société en profondeur. C'est ainsi: devenir père ou mère fait de vous un sujet de débat permanent. Or beaucoup de ces conseils véhiculent, plus ou moins à dessein ou parfois totalement inconsciemment, une certaine vision de la parentalité. Souvent, cette vision est sexuée et fonctionne comme un rappel à l'ordre qui procède d’une forme d’essentialisation subite et brutale pour les deux sexes.
Pour les mères, la maternité est une expérience singulière d’essentialisation: être vue comme une mère avant d’être une personne, c’est un sacré changement. La grossesse, le fait de se faire sans cesse adresser la parole par des inconnues qui font des commentaires sur votre corps ou que des individus prennent des initiatives étranges comme toucher votre ventre, est déjà de ce point de vue un moment très particulier: votre état dépasse votre personne.
Pendant ce temps, le futur père vit une expérience moins visible mais tout aussi troublante… Les injonctions commencent à pleuvoir: il faut savoir que sur ce grand plateau de débat improvisé (imaginez une arène à la David Pujadas ou Arlette Chabot avec dix tables qui se font face), les pères sont pris pour des idiots.
Ça commence aux cours de préparation à l'accouchement –le cauchemar des couples pudiques qui pensaient jusqu'ici conserver un certain mystère dans leur vie quotidienne. Là, dans les salles feutrées d'une maternité, on s'adresse quasi exclusivement aux femmes, en n'oubliant jamais d'évoquer le rôle des futurs papas: «Bon, et il faudra être gentil avec elle hein, lui faire des massages, lui préparer des bons dîners...» ou «Pour aider la maman, vous pouvez commencer à préparer le sac de maternité avec elle, d'accord?».
Par petites touches, on installe un état de fait: les pères sont d'abord et avant tout considérés comme «annexes» et «complémentaires». Ils ne sont pas au centre du jeu. La mécanique est en place. Et, tout commence là, il faut trouver sa place au père. Mais que faut-il partager et que faut-il garder pour soi? Faut-il discuter épisiotomie et césarienne avec son compagnon? Et par exemple, comment gérer la délicate phase de l’accouchement?
En soi, l'accouchement est une vaste période d'objectivisation du corps. Ces moments sont laissés à la discrétion des médecins, qui ont alors le pouvoir. Il faut leur faire confiance. Ainsi, on se retrouve dépossédée, alors que le recours à la césarienne ou même à la péridurale diffère selon les pays. On ne parle plus d’infantilisation mais de biopouvoir, pour reprendre le terme de Foucault. Rien de grave si l’accouchement se passe bien. Mais la frustration de ne pas être associée à des choix qui concernent votre propre corps est difficile à vivre.
Le mieux reste d’en parler à ses paires. Quitte à entendre tout et n'importe quoi. Enceinte, c’est ainsi, on écoute les pires récits d’accouchement de copines, de collègues, de cousines etc. On préserve les pères de ces histoires sanglantes, terribles, fatales parfois. Les militantes de l’accouchement naturel qui ont éprouvé un bonheur fou à maîtriser ce moment en parlent, les fans de l’allaitement comme celles qui sont contre s’adressent aux futures mères, cherchent à les influencer. Et déjà des modèles, des visions du corps, de la place de chaque parent, se dessinent et se contredisent.
Mais rassurez-vous: les pères aussi font l'objet de sollicitudes. Ils peuvent même trouver des oreilles attentives et compréhensives aux «réunions papas». Si, si, ça existe. Organisées dans certaines maternités à l'heure de l'apéro, elles réunissent des pères anonymes qui peuvent ainsi confier leurs doutes les plus intimes devant des inconnus. Là, on reprend tout à la base, pour «conscientiser», disent les sages-femmes. Autour d'un plateau de cacahuètes, les pères qui ne se connaissent ni d'Ève ni d'Adam converseraient ainsi gaiement, sans honte ni tabou. Une véritable infantilisation qui paniquerait même ceux qui, jusqu'ici, se sont fait confiance.
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