lundi 26 janvier 2015

La libération Macron

Aujourd’hui, les conditions d’ouverture du capital des professions réglementées du droit sont très contraintes : –– Il est impossible, pour les professionnels d’un même secteur, de s’associer sans exercer leurs fonctions au sein de la même structure ; –– Il est impossible d’organiser des regroupements entre professions réglementées d’une même « famille d’activité ». Ce système nuit à l’interprofessionnalité. Il restreint les moyens des professionnels, en particulier des jeunes souhaitant démarrer leur activité. Il freine leur capacité à investir, à innover et à se développer. Ouverture du capital entre professionnels du droit et pour une part aux experts comptables (1/3 des droits de vote au plus). Concrètement, un avocat et un notaire pourront s’associer librement au sein d’une même structure : ils pourront ainsi proposer une offre globale à leurs clients. Pour les professionnels, ces nouvelles structures auront beaucoup de sens dans des villes moyennes : elles faciliteront les premières installations entre jeunes professionnels, ainsi que les transmissions d’entreprise. Elles permettront d’atteindre plus rapidement une taille critique et de la conserver ensuite. Pour les entreprises et les particuliers, cette mesure sera synonyme de services plus complets, en conformité avec leurs besoins. Ouverture du capital des sociétés d’exercice libéral (SEL) aux personnes exerçant la même profession, mais n’exerçant pas leurs fonctions au sein de la structure. Concrètement, un jeune notaire souhaitant s’installer pourra, par exemple, faire entrer au capital un notaire qui ne travaillera pas au sein de la structure. Ouverture du capital des sociétés de participations financières de profession libérale (SPFPL) – c’est-à-dire les holdings – aux professionnels européens qui exercent la même profession et dont la qualité est reconnue. Favoriser le développement des structures en facilitant le recours à de nouvelles sources de financement. L’ouverture du capital offrira des possibilités de ressources supplémentaires, afin de réaliser des investissements, d’embaucher, d’acquérir de nouveaux locaux… Faciliter l’installation et renforcer encore le maillage territorial. L’ouverture du capital entre professionnels du droit permettra une meilleure mutualisation des charges et une installation plus facile et plus pérenne dans les zones les moins peuplées. Élargir l’offre de service des particuliers et des entreprises en créant des synergies entre professionnels au sein de même structure. Permettre l’investissement, en particulier dans les plates-formes internet. L’ouverture du capital offrira aux professionnels les moyens et les ressources nécessaires à la création de plateformes internet, afin de leur permettre de se positionner sur ce nouveau segment porteur. Accroître l’influence des entreprises françaises sur la scène européenne. Grâce aux nouveaux moyens financiers et juridiques, les professionnels du droit français pourront disposer des ressources nécessaires pour se développer en Europe avec leurs homologues. Les structures à fondation nationale pourront alors concurrencer les actuels groupes européens par une croissance externe et augmenter ainsi leur volume d’activité. Source: Agence Incentive.

Quelle unité politique ?

L’émotion suscitée par les attentas contre Charlie Hebdo fut importante mais le poids des faits et des réalités est de retour. La pression des intérêts partisans est telle que la belle unité nationale va voler en éclat, et d’abord à gauche. Le président de la République a, certes, regrimpé dans les sondages avec le Premier ministre, il a su parfaitement gérer cette crise épouvantable. L’ensemble de l’exécutif a fait, jusqu’à la semaine dernière, un parcours sans faute, notamment le discours de Manuel Valls ovationné par l’ensemble de la représentation nationale. Dès la semaine prochaine, cette belle unité va voler en éclat. Tous les dossiers qui sont dans l’actualité vont donner matière à débat entre la gauche et la droite. Plus grave, certains de ces dossiers vont à nouveau souligner les fractures au sein même de la majorité. 1e série de dossiers : les questions de politique étrangère. L’engagement de la France dans la lutte contre Daesh en Syrie ou au Yémen va mettre en lumière des désaccords profonds. Il y a, en France, une partie de la classe politique qui est très réservée sur l’engagement militaire. La droite n’est pas unanime. A gauche, on sent bien que les thèses défendus par Manuel Valls, le Drian ou Fabius ne sont pas partagées par le reste du gouvernement. 2e série de dossiers : les mesures de sécurité intérieure vont entrainer une vraie fracture. La semaine dernière, tout le monde était d’accord. Ceux qui ne l’étaient pas se taisaient emportés par l’émotion générale. Mais globalement, la droite va proposer des mesures de renforcement qui correspondent à celles que prépare Manuel Valls. Pourtant, il existe des membres du gouvernement, des députes et des militants qui ne sont pas d’accord sur le diagnostic et sur les moyens. Le discours de Najat Vallaud-Belkacem est complètement à côté de la plaque. Elle n’a pas compris que l’Éducation Nationale était un système pédagogique complètement ruiné et dépassé. Tout comme la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui n’a absolument rien compris à l’ampleur du problème qui a gangrené les prisons françaises. 3e série de dossiers : la politique économique et particulièrement la loi Macron. Cette dernière va faire ressurgir un clivage entre ‘la gauche de la gauche » et « la droite de la gauche ». Emmanuel Macron, qui a commencé à défendre sa loi en commission, a déjà reçu les tirs de barrage des écologistes et du Front de gauche. En ce début de semaine, il n’y a pas de majorité pour faire voter cette loi. Il manquera une trentaine de voix. Manuel Valls ne les trouvera pas à droite ou au centre. Or, cette loi aussi minimal soit-elle est très attendue par les européens et par les milieux d’affaires. Le gros souci pour les milieux d’affaire va être de savoir quelle sera la position du président de la République. Restera-t-il sur une ligne rigoureuse afin de préserver l’unité nationale qui l’a porté pendant les évènements ou va-t-il mollir, refaire de la politique pour ménager les uns et les autres. Va-t-il marier Manuel Valls, qui sait précisément où il va (ce que tout le monde apprécie), avec Cécile Duflot qui enchaine des postures purement politiciennes pour essayer de conserver son fonds de commerce. Difficile d’être Charlie très longtemps face aux positions des uns et aux convictions des autres. Et surtout face aux intérêts corporatistes. François Hollande a été Président pendant deux semaines. Il risque de retomber dans son travers de chef de parti à la recherche de ses troupes égarées. Quel temps perdu ! Les chiffres et la réalité économique vont reprendre le dessus et la politique politicienne reprendre ses droits. Bien naïfs ceux qui ont pu penser que Charlie pouvait changer la classe politique.

Grève et inransigeance

Près de 200 grévistes CGT battaient encore le pavé hier matin dans la cour de Ratier-Figeac. Une deuxième semaine de grève débute à laquelle ne participaient pas leurs collègues de la CFDT. Ils étaient appuyés par des représentants de toute la Mécanic Vallée, venus de Corrèze ou d’Aveyron, ainsi que des entreprises du Grand Figeac. Intransigeant sur la revendication d’une augmentation de 70 € bruts mensuels pour tous les salariés, Jérôme Delmas rappelait que vendredi 16 janvier, les grévistes avaient refusé, à plus de 66 %, la dernière proposition patronale de 50 €. «70 € de plus pour tous, c’est possible, poursuivait-il. Cela représente seulement une augmentation de 2,2 %, de la masse salariale.» «C’est une revendication légitime et juste, insistait Alain Hébert, CGT Mécanic Vallée. Cette grève, il en va de la responsabilité de la direction, mais pas seulement. Nous avons demandé qu’un médiateur soit nommé, mais nous n’avons pas de réponse des pouvoirs publics.» «Nous avons rencontré le directeur des ressources humaines de Ratier, explique Laurent Alexandre de la CGT, mais il est resté fermé à la discussion.» La direction a décidé vendredi de ne pas rouvrir les négociations et de maintenir une proposition qu’elle estime «tout à fait raisonnable». «Que chacun prenne ses responsabilités et la mesure de cet outil de travail qu’il y a sur le Figeacois. Il est temps de reprendre l’activité pour servir le client et les intérêts de l’entreprise, dans une conscience collective, pour que demain notre capacité soit toujours aussi belle», nous précisait Philippe Atrous, DRH. Hier matin, la direction dénombrait une centaine de grévistes et annonçait la reprise de la production.