Contrairement à ce qu'ont voulu faire croire les chantres de la communication, le brand content n'a rien de nouveau. On peut trouver des exemples de brand content qui remontent à plus d'un siècle. Mais ce qui a véritablement changé ces dernières années, c'est qu'il commence à se généraliser. Et cela va selon toute probabilité bouleverser totalement le champ des médias. J'en ai encore eu la preuve récemment, lorsque j'ai assisté à un congrès à Madrid où la question a été abordée. Il n'y a encore pas si longtemps, l'imperméabilité entre le monde des marques et l'univers des concepteurs de contenus était une valeur sûre, et était appuyée par la loi. Cependant, l'introduction du contenu éditorial de marque, qu'il soit l'aboutissement d'une incorporation des marques à des contenus ou d'une création pure, conduit de fait à reconsidérer les affinités qu'entretiennent ces deux univers. Il faut donc imaginer de nouvelles manières de se guider dans ce monde de contenus composites, fruits de multiples créateurs, poursuivant des buts multiples, et s'habituer à côtoyer des contenus de plus en plus brassés. Il faut aussi s'habituer à rapprocher des acteurs qui sont d'une part multiples pour concevoir un contenu, et qui parlent d'autre part des « dialectes » distincts, issus de coutumes différentes. La coopération entre les auteurs et les marques n'est pas toujours chose facile, mais elle va vite devenir essentielle. Et on peut déjà présumer que les individus connaissant ces deux univers seront fort recherchés. :) Les producteurs de contenus ont donc tout intérêt à se former dès aujourd'hui pour gérer efficacement les problèmes afférents à une association avec les marques : collision culturelle entre l'art et les affaires, problèmes d'éthique, modalités de l'inclusion de la marque au sein du contenu, vues commerciales de la marque et impartialité de l'information... Autant de questions très épineuses, mais les exemples de brand content réussi montrent que ces questions peuvent être résolues. En tout cas, ce qui m'est apparu avec clarté lors de ce congrès à Madrid, c'est que les enjeux de la communication à venir ne seront sans doute pas tant de communiquer avec les acheteurs que de réussir que tous ces acteurs provenant de champs différents se rassemblent autour du contenu, et arrivent à communiquer les uns avec les autres. Et en la matière, je crois qu'il y a là un sacré travail. Pour en savoir plus, suivez le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Espagne, vous pourrez également vous inscrire pour la prochaine session.
lundi 16 novembre 2015
Nouvelle campagne d'Espionnage US
Le scandale d'espionnage impliquant la NSA a été relancé en Europe. La presse vient de divulguer des informations indiquant que depuis longtemps, l'agence américaine n'écoutait pas seulement le téléphone de la chancelière allemande, mais aussi d'autres hommes politiques de premier rang du gouvernement allemand, dont certains ministres.
Le site Wikileaks a rendu publiques des informations disant que la NSA espionnait une liste de 56 numéros de fonctionnaires et d'hommes politiques, dont Ronald Pofalla, qui était directeur de la chancellerie fédérale de 2009 à 2013. Le gouvernement allemand se refuse pour l'instant à tout commentaire au sujet des nouvelles informations sur les écoutes américaines.
"Les informations publiées aujourd'hui montrent que la plupart des politiciens américains de premier rang étaient au courant des plans de la chancelière allemande pour surmonter la crise financière internationale et les problèmes des banques de la zone euro. La NSA a appris ce qu'elle pensait personnellement de la position d'Obama sur le nucléaire iranien en interceptant la conversation de Merkel avec le prince héritier des EAU Mohammed al-Nahyan", écrit le site Wikileaks. Cette conversation date de mars 2009.
Selon Wikileaks, au total, les renseignements américains écoutaient 125 numéros clés, dont le numéro de portable personnel d'Angela Merkel, les téléphones des conseillers de la chancelière, du personnel de la chancellerie et même le fax. La NSA aurait également espionné les subordonnées des ex-chanceliers Gerhard Schröder et Helmut Kohl.
"Une écoute aussi minutieuse de l'entourage de la chancelière constitue la raison pour laquelle les USA ont si facilement promis de cesser les écoutes d'Angela Merkel, mais ils ne peuvent pas en faire autant vis-à-vis d'autres membres de son gouvernement. La chancelière ne peut pas diriger un gouvernement en se parlant à elle-même", écrit Wikileaks.
Plus tôt, ce site avait cité une liste initiale de 69 numéros écoutés par la NSA au moins jusqu'aux années 2010-2012 (la liste établie couvre cette période). D'après ces documents, les Américains écoutaient les conversations du ministre de l'Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel et du ministre des Finances Wolfgang Schäuble. De plus, on retrouve dans cette liste la ministre actuelle de l'Environnement Barbara Hendricks, l'ex-ministre de l'Economie Werner Müller et d'autres politiciens.
Le défi de la banque des BRICS
Les BRICS ont lancé leur banque de développement, avait titré le Monde en juillet 2014, présentant cette nouvelle institution comme une sorte d’alternative au FMI et à la Banque mondiale.
Basée à Shangaï, censée mettre en cohésion les intérêts de pays très différents, de la Chine à l'Inde en passant par la Russie, son existence pousse un an plus tard à nous poser deux questions fondamentales. Primo, devrait-on toujours continuer à raisonner en termes d'alternative sans songer à un rapport de complémentarité ou de supplémentarité? Secundo, est-ce que la Banque des BRICS a les moyens de ses ambitions en tenant compte du capital réel dont elle dispose ainsi que de son pouvoir réel d'influence sur les marchés financiers? Julien Marcilly, économiste en chef de Coface, a bien voulu éclairer nos lanternes dans l'optique du 7ème sommet des BRICS qui a lieu en ce moment.
Pour mieux comprendre la visée de cette Banque à vocation alternative, il faut rappeler que ce qui réunit les pays inclus dans l'acronyme de Goldman Sachs — BRICS — c'est avant tout la mise en commun de leur dynamisme de croissance. Avec le temps, cette dynamique similaire a posé les fondements d'une coopé-ration économique des plus étroites doublée d'un rapprochement politique dont le sommet est le reflet par excellence.
Côté investissements, la Banque ne semble en être qu'à ses balbutiements. S'il est vrai qu'elle privilégie (pour l'heure) le domaine de l'infrastructure, son champ d'action reste réduit du fait d'un capital relativement faible. M. Marcilly en déduit la portée plutôt symbolique de l'institution même si, clairement, la diminution des contraites liées aux investissements dans les pays émergents est déjà en soi un facteur de développement à ne pas sous-estimer.
Initialement conçue comme une alternative d'envergure aux grandes institutions financières mondiales, la Banque serait plutôt un complément à la Banque mondiale et au FMI. Selon notre expert, elle ne saurait être donc perçue comme un défi à ces dernières même si, objectivement, son existence découle a en partie été motivée par leurs multiples insuffisances: « cela fait des années que le poids des grands pays émergents dans les organismes décisionnels des organisations internationales est insuffisant. Si certaines réformes ont été engagées par la Banque mondiale, elles ne concernent pas le FMI ». Ce point faible qui est le point fort de la Banque des BRICS est cependant nuancé par la divergence de leurs intérêts. Nous voyons d'un côté une Russie qui aspire à faire contrepoids au G-8 et d'un autre l'Afrique du Sud plus occupée à contrer la volatilité des marchés de change. Cette absence de convergence invalide la capacité de la Banque des BRICS a influer d'une manière sensible sur les marchés financiers.
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