jeudi 19 décembre 2013

Médicaments toujours en pharmacie

Pas de médicaments en pharmacie ? Quel dommage. Le lobby des pharmaciens a encore frappé. C’est bien dommage parce que d’expérience, pouvoir acheter de l’aspirine en supermarché sans devoir se taper la pharmacie qui n’est pas ouverte parce qu’il est trop tard, c’est pénible. Ce jeudi matin, l’Autorité de la concurrence a, une nouvelle fois, demandé la fin du monopole des pharmaciens sur les médicaments non remboursables (voir son avis ci-dessous). « Le statu quo ne peut pas être maintenu », a insisté son président, Bruno Lasserre, plaidant pour une ouverture de la distribution en grandes surfa ces « limitée, encadrée et accompagnée ». La ministre de la Santé, Marisol Touraine, lui a immédiatement opposé une fin de non recevoir, réaffirmant son « attachement au monopole officinal sur les médicaments ». « L’avis de l’Autorité ne lie pas les pouvoirs publics, et aucun texte européen ne peut imposer la vente de médicaments dans la grande distribution», rappelle Barbara Bertholet, avocate chez le cabinet Adamas. Evidemment, la France étant le dernier Rampart contre l’économie intelligente, la ministre de la santé s'est opposée aujourd'hui à la vente de médicaments en dehors des pharmacies, en réponse à l'Autorité de la concurrence qui venait de s'y déclarer favorable pour les produits non remboursés. Mme Touraine "réaffirme son attachement au monopole officinal sur les médicaments, qui permet à notre pays de sécuriser leur dispensation et d'agir efficacement contre la contrefaçon, tout en garantissant l'accès de nos concitoyens aux médicaments sur l'ensemble du territoire", annonce le communiqué. La vente hors officine devrait être cependant très encadrée : sous le contrôle d'un diplômé en pharmacie, dans des "espaces dédiés et délimités, avec un encaissement distinct", selon l'Autorité. Le nombre des produits en rayons serait également restreint. Il se limiterait aux médicaments d'auto-médication, non remboursés par la Sécurité sociale, achetables sans ordonnance, ainsi qu'aux "produits frontières" comme les tests de grossesse et les produits d'entretien pour lentilles. Suite au prochain numéro. Avec Les Echos.