vendredi 15 décembre 2017
Les prix des médicaments
Les classes en décroissance subissent une baisse de leur chiffre d’affaire de plus de 750 M€, contribuant pour -3,3 points à l’évolution du marché remboursable de ville. Le CAHT global des cinq classes de médicaments en plus fort repli baisse de 233 M€, soit une contribution de -1,4 point. Leur contribution à la croissance s’élève à 42% : elles représentent 10,8 % du CAHT en 2016 contre 11,8% en 2015. Il s’agit de classes qui ont été concernées soit par des baisses de prix ciblées (statines et analgésiques par exemple), soit par des actions de maîtrise médicalisée comme les demandes d’accord préalable en cas de prescription de Crestor®. Ces baisses résultent aussi de la commercialisation de génériques avec l’arrivée des molécules aripiprazole ou pregabaline, générique des référents Abilify® et Lyrica® et l’éviction du marché de certains produits par l’arrivée de traitements innovants (c’est le cas notamment de Kivexa® avec l’arrivée de Triumeq®). La classe ayant le plus contribué à ralentir la croissance en 2016 est celle des statines (Crestor® contribuant à plus de la moitié de la baisse), avec une diminution de 73 M€ du CAHT, soit 0,4 point. Celle-ci fait suite notamment à une baisse de prix de Crestor® de 5% survenue en avril 2016. La seconde place revient à la classe des antipsychotiques qui recule de 46 M€ avec la commercialisation des génériques du médicament Abilify®. La classe des antiépileptiques, avec Lyrica®, est la troisième plus importante contributrice à la baisse du CAHT (46 M€, soit -0,3 point). La quatrième place est occupée par la classe des analgésiques qui contribuent pour 0,2 point au recul du CAHT, avec notamment les baisses de prix du Doliprane®. Enfin, le CAHT de la classe inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (Kivexa®), prescrit en association dans le traitement du VIH, recule de 31,8M€, contribuant pour 0,2 point à la décroissance du marché. Au total en 2016, les baisses de prix réalisées par le CEPS ont permis une économie de 805 M€. De plus, les économies réalisées au titre de la maîtrise médicalisée sur les volumes de médicaments représentent 317 M€ en 2016 d’après les estimations de la CNAM, soit 81% de l’objectif de 390 millions d’euros fixé (après 352 M€ de rendement en 2015 et un taux d’atteinte de 85%). Les économies engendrées sur les antibiotiques ont été deux fois supérieures à celles prévues (22 M€ contre 10 M€). De même les économies sur les antihypertenseurs ont dépassé les objectifs (54M€ contre 40M€ attendus). En revanche, les économies réalisées sur les antiagrégants plaquettaires et les antidépresseurs s’avèrent inférieures aux objectifs. La maîtrise médicalisée a également ciblé des classes de médicaments incluant des biosimilaires. Parmi celles-ci, les économies sur les anti-TNF ont dépassé les objectifs (47 M€ contre 35 M€ attendus). En revanche, les économies réalisées sur les produits de spécialités et l’érythropoïétine (EPO) ont été inférieures aux objectifs (71 M€ d’économies contre 138 M€ attendus).