mercredi 9 avril 2014
Voyage dans les pas d'un explorateur
Embarquez pour un voyage totalement insolite sur les pas d’un explorateur de légende. C’est ce que vous propose un super voyagiste qui se lance dans ce concept de géographie et d’histoires mêlées. À droite, en remontant du Pacifique, le capitaine Scott qui n’est pas très causant et ses compagnons qui le sont encore moins, trente chiens d’attelage à demi sauvages, quinze poneys mandchous qui ont l’air montés sur des chenilles et un engin automobile dernier cri. A gauche, Roald Amundsen qui commence à prendre de la bouteille et ses cinq lieutenants qui en ont manifestement sifflé pas mal au cours de leur existence, cent quinze chiens aussi farouches que les autres, des traîneaux qui accusent l’usure de la banquise. Les Anglais contre les Norvégiens à cinq cents kilomètres de distance, et les uns et les autres, énergies et regards rivés sur le pôle Sud, dans un combat sans merci pour y parvenir les premiers. Scott a échoué près du but quelques années plus tôt tandis qu’Amundsen est un spécialiste du pôle Nord et s'est décidé sur un coup de tête. L’immense désert glace de l’Antarctique s’étend sur un continent désolé, hérissé de chaînes montagneuses qui culminent au-dessus de quatre mille mètres : les bons jours d’été austral, il fait dans les - 30 °C, les mauvais, quand souffle le blizzard, on ne compte plus. Amundsen s’élance d’abord dans l°inconnu, avec un lourd chargement de viande de phoque pour les hommes et les chiens; Scott part quelques jours plus tard avec des vivres spécialement préparés et plus légers, sur un parcours qu’il a déjà repéré. Et, cependant, le norvégien garde son avance, filant plus de trente kilomètres par jour sur les glaciers. L'Anglais perd un temps précieux à réparer les avaries de son traîneau mécanique qui claque à plusieurs reprises dans le froid, et ses chiens, rendus fous par la faim, dévorent les poneys. Le franchissement des montagnes repousse toutes les limites de l'endurance humaine : crevasses et à-pics vertigineux, bivouacs où les rafales glacées donnent envie de s’endormir pour toujours. Le 14 décembre 1911, Amundsen parvient au pôle Sud, mais il n'en est pas très sûr; l’enfer blanc est sans repères et ses instruments de mesure sont affolés. Il décrit alors un cercle de huit kilomètres pour vérifier qu'il tourne bien autour de l’axe de la terre, puis il repart dans la direction qu'il avait empruntée et retrouve son bateau libre de glaces six semaines plus tard. Scott parviendra au pôle Sud un mois après son devancier, butant sur le drapeau norvégien qu`Amundsen avait planté, et aura assez de fairplay pour se faire photographier devant la preuve de sa défaite. Epuisé par le scorbut et la faim, son retour sera une effroyable agonie où il perdra un à un ses compagnons, avant de mourir gelé à son tour, à mi-chemin de sa base. A découvrir sur voyage insolite.