lundi 24 novembre 2014
Rafale et Mistral, deux armes françaises
La France est un pays d’armement, et comme la morale est à deux vitesses, il faut prendre mesure du fait que pendant que les Russes s’impatientent, nos amis Qataris s’attardent sur la couleur du Rafale qu’ils vont acheter, en or ou pas ? Persuadé d'avoir jusque fin janvier pour prendre sa décision, le président Hollande jugeait encore la semaine dernière que les conditions n'étaient pas réunies en Ukraine pour autoriser la livraison du premier navire. «Les termes du contrat laissent en effet un délai de trois mois avant le paiement de pénalités, donc jusque fin janvier, mais c'est seulement en cas de problème technique, or il n'y en a pas eu», précise une source proche du dossier. En cas de problème diplomatique, rien n'est spécifié sur le papier. La règle a été dictée par Poutine qui laisse au Français jusque fin novembre pour prendre sa décision. «Le président russe sait que son homologue n'aime pas prendre de décisions et que la situation budgétaire de la France ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre», conclut notre source. Alors qu'une grande partie de la classe politique de François Fillon à Nicolas Sarkozy en passant par Jean-Luc Mélenchon s'est déclarée favorable aux livraisons, Poutine dictait son ultimatum la semaine du vote du budget. La vente de ces deux Mistral, des bâtiments de projection et de commandement (BPC) pouvant transporter des hélicoptères et des chars, ou accueillir un état-major embarqué, sont au centre d'un imbroglio diplomatico-militaire depuis que François Hollande a décidé début septembre de lier leur livraison à un règlement politique de la crise en Ukraine. Le chef de l'Etat a répété à plusieurs reprises que le cessez-le-feu devait être «entièrement respecté» en Ukraine avant que Paris ne procède à la livraison du premier navire polyvalent, le Vladivostok. Pressé par Moscou, François Hollande a assuré dimanche, à l'issue du G20 à Brisbane, en Australie, qu'il voulait se décider hors de «toute pression», même celle «du temps». Déjà évoquée au printemps, la vente de l'avion de combat français à l'émirat serait proche. Selon les informations d'"Europe1", Dassault Aviation pourrait vendre au moins 24 Rafale au Qatar, pour ce qui constituerait la première commercialisation à l'étranger de l'appareil. "La France et le Qatar sont en discussions très avancées pour l'achat d'au moins 24 avions, et au prix catalogue, soit environ 2,5 milliards d'euros au total. Selon nos informations, la France négocie de façon directe avec les Qataris. En clair, il n'y a pas d'autres candidats en lice pour leur vendre des avions", affirme le site Avion de Chasse.