lundi 16 novembre 2015

Un paysage médiatique en pleine mutation

Contrairement à ce qu'ont voulu faire croire les chantres de la communication, le brand content n'a rien de nouveau. On peut trouver des exemples de brand content qui remontent à plus d'un siècle. Mais ce qui a véritablement changé ces dernières années, c'est qu'il commence à se généraliser. Et cela va selon toute probabilité bouleverser totalement le champ des médias. J'en ai encore eu la preuve récemment, lorsque j'ai assisté à un congrès à Madrid où la question a été abordée. Il n'y a encore pas si longtemps, l'imperméabilité entre le monde des marques et l'univers des concepteurs de contenus était une valeur sûre, et était appuyée par la loi. Cependant, l'introduction du contenu éditorial de marque, qu'il soit l'aboutissement d'une incorporation des marques à des contenus ou d'une création pure, conduit de fait à reconsidérer les affinités qu'entretiennent ces deux univers. Il faut donc imaginer de nouvelles manières de se guider dans ce monde de contenus composites, fruits de multiples créateurs, poursuivant des buts multiples, et s'habituer à côtoyer des contenus de plus en plus brassés. Il faut aussi s'habituer à rapprocher des acteurs qui sont d'une part multiples pour concevoir un contenu, et qui parlent d'autre part des « dialectes » distincts, issus de coutumes différentes. La coopération entre les auteurs et les marques n'est pas toujours chose facile, mais elle va vite devenir essentielle. Et on peut déjà présumer que les individus connaissant ces deux univers seront fort recherchés. :) Les producteurs de contenus ont donc tout intérêt à se former dès aujourd'hui pour gérer efficacement les problèmes afférents à une association avec les marques : collision culturelle entre l'art et les affaires, problèmes d'éthique, modalités de l'inclusion de la marque au sein du contenu, vues commerciales de la marque et impartialité de l'information... Autant de questions très épineuses, mais les exemples de brand content réussi montrent que ces questions peuvent être résolues. En tout cas, ce qui m'est apparu avec clarté lors de ce congrès à Madrid, c'est que les enjeux de la communication à venir ne seront sans doute pas tant de communiquer avec les acheteurs que de réussir que tous ces acteurs provenant de champs différents se rassemblent autour du contenu, et arrivent à communiquer les uns avec les autres. Et en la matière, je crois qu'il y a là un sacré travail. Pour en savoir plus, suivez le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Espagne, vous pourrez également vous inscrire pour la prochaine session.


Nouvelle campagne d'Espionnage US

Le scandale d'espionnage impliquant la NSA a été relancé en Europe. La presse vient de divulguer des informations indiquant que depuis longtemps, l'agence américaine n'écoutait pas seulement le téléphone de la chancelière allemande, mais aussi d'autres hommes politiques de premier rang du gouvernement allemand, dont certains ministres. Le site Wikileaks a rendu publiques des informations disant que la NSA espionnait une liste de 56 numéros de fonctionnaires et d'hommes politiques, dont Ronald Pofalla, qui était directeur de la chancellerie fédérale de 2009 à 2013. Le gouvernement allemand se refuse pour l'instant à tout commentaire au sujet des nouvelles informations sur les écoutes américaines. "Les informations publiées aujourd'hui montrent que la plupart des politiciens américains de premier rang étaient au courant des plans de la chancelière allemande pour surmonter la crise financière internationale et les problèmes des banques de la zone euro. La NSA a appris ce qu'elle pensait personnellement de la position d'Obama sur le nucléaire iranien en interceptant la conversation de Merkel avec le prince héritier des EAU Mohammed al-Nahyan", écrit le site Wikileaks. Cette conversation date de mars 2009. Selon Wikileaks, au total, les renseignements américains écoutaient 125 numéros clés, dont le numéro de portable personnel d'Angela Merkel, les téléphones des conseillers de la chancelière, du personnel de la chancellerie et même le fax. La NSA aurait également espionné les subordonnées des ex-chanceliers Gerhard Schröder et Helmut Kohl. "Une écoute aussi minutieuse de l'entourage de la chancelière constitue la raison pour laquelle les USA ont si facilement promis de cesser les écoutes d'Angela Merkel, mais ils ne peuvent pas en faire autant vis-à-vis d'autres membres de son gouvernement. La chancelière ne peut pas diriger un gouvernement en se parlant à elle-même", écrit Wikileaks. Plus tôt, ce site avait cité une liste initiale de 69 numéros écoutés par la NSA au moins jusqu'aux années 2010-2012 (la liste établie couvre cette période). D'après ces documents, les Américains écoutaient les conversations du ministre de l'Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel et du ministre des Finances Wolfgang Schäuble. De plus, on retrouve dans cette liste la ministre actuelle de l'Environnement Barbara Hendricks, l'ex-ministre de l'Economie Werner Müller et d'autres politiciens.

Le défi de la banque des BRICS

Les BRICS ont lancé leur banque de développement, avait titré le Monde en juillet 2014, présentant cette nouvelle institution comme une sorte d’alternative au FMI et à la Banque mondiale. Basée à Shangaï, censée mettre en cohésion les intérêts de pays très différents, de la Chine à l'Inde en passant par la Russie, son existence pousse un an plus tard à nous poser deux questions fondamentales. Primo, devrait-on toujours continuer à raisonner en termes d'alternative sans songer à un rapport de complémentarité ou de supplémentarité? Secundo, est-ce que la Banque des BRICS a les moyens de ses ambitions en tenant compte du capital réel dont elle dispose ainsi que de son pouvoir réel d'influence sur les marchés financiers? Julien Marcilly, économiste en chef de Coface, a bien voulu éclairer nos lanternes dans l'optique du 7ème sommet des BRICS qui a lieu en ce moment. Pour mieux comprendre la visée de cette Banque à vocation alternative, il faut rappeler que ce qui réunit les pays inclus dans l'acronyme de Goldman Sachs — BRICS — c'est avant tout la mise en commun de leur dynamisme de croissance. Avec le temps, cette dynamique similaire a posé les fondements d'une coopé-ration économique des plus étroites doublée d'un rapprochement politique dont le sommet est le reflet par excellence. Côté investissements, la Banque ne semble en être qu'à ses balbutiements. S'il est vrai qu'elle privilégie (pour l'heure) le domaine de l'infrastructure, son champ d'action reste réduit du fait d'un capital relativement faible. M. Marcilly en déduit la portée plutôt symbolique de l'institution même si, clairement, la diminution des contraites liées aux investissements dans les pays émergents est déjà en soi un facteur de développement à ne pas sous-estimer. Initialement conçue comme une alternative d'envergure aux grandes institutions financières mondiales, la Banque serait plutôt un complément à la Banque mondiale et au FMI. Selon notre expert, elle ne saurait être donc perçue comme un défi à ces dernières même si, objectivement, son existence découle a en partie été motivée par leurs multiples insuffisances: « cela fait des années que le poids des grands pays émergents dans les organismes décisionnels des organisations internationales est insuffisant. Si certaines réformes ont été engagées par la Banque mondiale, elles ne concernent pas le FMI ». Ce point faible qui est le point fort de la Banque des BRICS est cependant nuancé par la divergence de leurs intérêts. Nous voyons d'un côté une Russie qui aspire à faire contrepoids au G-8 et d'un autre l'Afrique du Sud plus occupée à contrer la volatilité des marchés de change. Cette absence de convergence invalide la capacité de la Banque des BRICS a influer d'une manière sensible sur les marchés financiers.

jeudi 3 septembre 2015

Mach 1

C'est la fin d'un rêve. La semaine dernière, j'ai réalisé mon vol en Mig 29. Un rêve de môme que ma femme a rendu possible et n'a pas hésité à m'offrir, en dépit d'un coût « un peu » élevé. Avec le blocus européen fait à la Russie, je n'étais pas certain que ce soit réalisable, et craignais que la Russie refuse de donner les autorisations nécessaires. Mais il n'y a finalement pas eu le moindre problème, et j'ai en définitive pu monter à bord du Mig 29. Lors de ce vol, non seulement nous avons passé le mur du son, mais le pilote m'a aussi fait goûter aux sensations du vol acrobatique : virages, renversements, vol sur le dos, et même l'effroyable immelmann. Un moment colossal à vivre ! J'appréhendais de ne pas encaisser les facteurs de charge, mais Daniil (le pilote) m'a rassuré avant le départ en me disant qu'il modulerait sa manière de voler selon ma tolérance aux G. De fait, si les acrobaties ont effectivement été démentielles, Daniil a vérifié entre chaque figure que je vivais bien l'expérience. Est-ce sa façon de piloter ou la résistance de mon organisme ? Aucune idée, mais je suis assez fier de ne pas avoir dû utiliser le sac à vomi. Le moment le plus terrifiant, en fin de compte, s'est déroulé avant ce voyage. Je m'inquiétais en regardant des vidéos de vol sur Mig sur le web, au point que je songeais à annuler. Mais je ne pouvais tout de même pas décline un tel cadeau, et j'ai en définitive fait comme prévu le voyage jusqu'à Nizhny Novgorod pour matérialiser mon vol. Lorsqu'est arrivé le moment d'embarquer dans l'avion, je craignais de faire une attaque de panique. Mais curieusement, une fois que je me suis retrouvé à l'intérieur du cockpit, étroitement arrimé au siège, j'ai eu comme un déclic. Toute forme d'appréhension a disparu. Je faisais confiance au staff et au pilote. Après tout, ce sont d'anciens militaires russes qui gèrent ces vols si particuliers : ils savent donc bien ce qu'ils font. L'expérience était si incroyable qu'il m'a fallu un moment pour prendre conscience de ce que j'avais fait. C'est seulement en voyant la vidéo du vol avec mon entourage que j'ai pris conscience de ce que j'avais vécu. Rien que d'en parler, j'en ai les larmes aux yeux. Je me souviendrai toujours de ces précieuses 45 minutes là-haut. Pour plus d’infos, allez sur le site spécialisé vol en Mig, suivez le lien.


Divorcer peut être mauvais pour la santé

On savait qu’être en couple était synonyme d’être en meilleure santé; on sait maintenant que la séparation ou le divorce ne vient pas détériorer l’état de santé sur le long terme. C’est ce qu’une étude publiée dans l’American Journal of Public Health révèle. Petite précision toutefois de l’auteur principal, le docteur George Ploubidis: «Tant que ceux qui vivent une séparation ou un divorce démarrent une nouvelle relation, leur santé n’en souffre pas sur le long terme.» En effet, dans l’étude, seules les personnes qui ont divorcé et se sont remariées n’ont pas plus de risques d’avoir des problèmes respiratoires ou cardiaques que leurs homologues qui sont restés mariés. Sur l’échantillon étudié (d’environ 10.000 personnes nées en 1958), les hommes et les femmes qui n’étaient jamais allés devant l’autel et n’avaient jamais sauté le pas de la cohabitation avaient la santé la plus déplorable (risque de problèmes respiratoires, cardiovasculaires, diabète). L’explication est basique: «Un partenaire peut influencer positivement vos comportements de santé, en vous encourageant à faire davantage d’exercice.» Autre cause possible, encore plus terre à terre: sachant que la pauvreté n’est pas sans effets sur la santé, deux salaires valent mieux qu’un. Mais il ne faudrait pas oublier la qualité de la relation conjugale, fait remarquer Ruth Sutherland, la directrice générale de l’ONG Relate, citée par le Guardian: «Ceux qui ne sont pas heureux dans leur couple ont plus de risques d’être en mauvaise santé que les divorcés»

Les nouveaux représentants des musulmans en France

Annoncée par le ministre de l’Intérieur après les attentats de janvier, l’instance de dialogue autour de l’islam se réunit pour la première fois lundi. L’enjeu : que tous les Français musulmans soient écoutés. Y’en a marre du CFCM ! À l’unanimité ce jour-là, les quelques dizaines de Français musulmans invités par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour parler d’islam, expriment leur ras-le-bol devant l’incurie du Conseil français du culte musulman censé les représenter. Et qui, pire, n’aurait pas vu venir l’extrémisme islamique. Désemparés, ils se tournent à contrecœur vers les pouvoirs publics pour trouver une solution. Après l’élection de François Hollande, le gouvernement n’a pas voulu être trop intrusif dans les affaires des musulmans en France, mais depuis les attentats de janvier, tout a été bousculé. Annoncée le 25 février, une instance de dialogue autour de l’islam a été mise en place et se réunit pour la première fois place Beauvau, ce lundi 15 juin. Une centaine de personnes, des membres du CFCM, les présidents des 25 conseils régionaux du culte musulman (CRCM), des imams, des théologiens, des islamologues, des présidents d’associations débattront de sujets concrets comme la construction et la gestion des mosquées, l’abattage rituel, la formation des imams et des aumôniers, mais aussi de la sécurisation des lieux de cultes et les actes anti-musulmans. Cette structure, à la fois large et souple, se réunira deux fois par an autour du Premier ministre, sur le modèle de « l’instance de Matignon », créée en 2002 pour l’Église catholique. Objectif : apaiser les inquiétudes et élargir le dialogue à cette diversité de musulmans qui ne se sentent pas écoutés. Mais promis, cette nouvelle instance n’a pas vocation à éclipser le CFCM, jure-t-on au ministère de l’Intérieur, qui n’a eu de cesse de rassurer son président, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, qui redoutait un coup de poignard dans le dos. Le gouvernement a tout fait pour ménager sa susceptibilité en lui garantissant que le CFCM serait le pivot de cette instance de dialogue. Et pour preuve de bonne foi, il a été décidé que Dalil Boubakeur prononcerait le discours d’ouverture, juste après celui du Premier ministre, Manuel Valls.

vendredi 29 mai 2015

Vue d'Irlande

La semaine passée, j'ai assisté à un symposium en Irlande où j'ai eu la possibilité de suivre la conférence d'un économiste canadien qui expliquait ce qu'il appelle le « désastre français ». Et j'ai été atterré de relever à quel point notre pays est maintenant regardé comme une bizarrerie aux yeux du monde. S'il est clair que la France détient des atouts indiscutables, avec ses entreprises performantes ou encore sa force de travail particulièrement renommée, notre pays est regardé, sur le plan international, comme un phénomène de foire aux monstres. Ce dépérissement est à l'oeuvre depuis longtemps. Mais si ce déclin est récurrent depuis les années 70, cela n'explique pas tout. Notre président actuel y est pour beaucoup. Si Hollande avait provoqué certains espoirs lors des élections, cela fait longtemps qu'ils ont disparus. Mais si nous jaugeons d'un air désabusé les mesures de Hollande, nous ne réalisons pas comme le regard des étrangers est plus tranchant. Notre pays est devenu célèbre grâce à la décision majeure de notre président : la fameuse taxe à 75% pour les salaires dépassant le million d'euros par an. Une mesure qui s'avère être semblable à une casserole accrochée à la queue d'un chien. Même si ce racket a finalement été aboli, elle reste à l'étranger comme une tache ineffaçable. C'est l'emblème que laisse notre bon gouvernement à l'international. Lors de ce symposium, j'ai parlé avec des participants italiens, et ils résumaient tous le gouvernement actuel à cette taxe saisissante ! Elle a porté un exécrable signal aux investisseurs potentiels. Si, d'un point de vue électoral, c'était une idée particulièrement démagogique, elle aura surtout fait en sorte de retarder la conclusion de cette crise. Avec une certaine malice, l'économiste canadien racontait que « même les cocos n'auraient osé introduire une telle taxe » ! Et la salle de rire. Je vous promets que cela rend tout chose, d'assister à ça. Je n'oublierai pas de sitôt ce symposium en Irlande. François Hollande peut bien faire les représentants en porte-à-porte (quitte à s'afficher aux côtés d'un dictateur à Cuba), la vérité est que la seule promesse qu'il ait tenu est cette fameuse taxe et qu'elle va nous poursuivre un bout de temps sur le plan international. Et pour ceux qui ne connaissent pas le pays, je vais vous laisser le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Irlande, une équipe top.