mercredi 17 août 2016
Les USA ne croient plus en la démocratie
Les États-Unis imposent leur vision de la démocratie au monde entier, y compris par la force, mais à l'intérieur du pays la population croit de moins en moins à ce modèle de gouvernement.
C'est ce que montrent les résultats d'une nouvelle étude réalisée par deux politologues de Harvard, Roberto Foa et Yascha Mounk, à partir du World Values Survey et d'autres projets sociologiques.
Les chercheurs ont partagé les résultats de leur travail dans les pages du New York Times et du journal en ligne Vox. "Nous avons découvert que les citoyens américains accordaient de moins en moins d'importance à la vie en démocratie. Leur attitude envers les principales institutions démocratiques devient de plus en plus négative. Le plus inquiétant est qu'ils sont de plus en plus ouverts aux alternatives non libérales. Les Américains ne sont pas simplement répugnés par des institutions ou des représentants politiques concrets: la démocratie libérale les répugne à un niveau étonnamment élevé".
Les experts indiquent également que les "jeunes Américains tournent le dos à la politique" et sont "ouverts à une gouvernance non démocratique". D'après les sondages, parmi ceux qui sont nés dans les années 1980 et plus tard, moins de 30% jugent crucial de vivre en démocratie. Parmi les Américains nés avant la Seconde Guerre mondiale, plus de 70% sont de cet avis.
En 1995 moins de 20% des Américains aisés se prononçaient en faveur d'un "dirigeant fort" n'ayant pas besoin de s'expliquer devant le parlement ou de tenir compte des résultats des élections, mais ils sont plus de 40% aujourd'hui.
Dans l'ensemble, selon les politologues, un "tiers des Américains" considèrent aujourd'hui le système de gouvernance de leur pays "pas du tout démocratique".
Le chômage reprend en France
Après une légère embellie en novembre, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité est reparti à la hausse en décembre 2015, avec une augmentation de 0,4 % pour s'établir à 3,59 millions de chômeurs en métropole.
L'année 2015 s'est achevée comme elle avait commencé : avec une hausse du chômage. Après un léger recul en novembre, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a augmenté de 15 800 personnes (+0,4%) en décembre, concluant l'année 2015 sur un record de 3,59 millions de chômeurs en métropole, a annoncé, mercredi 27 janvier, le ministère du Travail.
Le ministère impute notamment cette nouvelle hausse aux attentats du 13 novembre et à leurs conséquences sur l’économie française. "Ce résultat du mois de décembre traduit notamment les effets de la baisse d’activité enregistrée par plusieurs secteurs dans le contexte que nous avons connu en novembre et décembre", indique-t-il dans un communiqué.
Sur l'ensemble de l'année 2015, Pôle emploi a accueilli 89 900 chômeurs supplémentaires (+2,6 %), soit la plus faible hausse depuis 2010. "Malgré une augmentation du nombre d’inscrits en catégorie A, l’année 2015 marque une inflexion réelle : 46 000 créations nettes d’emplois auront été enregistrées après plusieurs années de destruction", souligne le ministère du Travail.
Il ajoute que les actions du gouvernement en faveur des jeunes ont donné "des résultats probants" : "Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a diminué de 4,0 % sur l’année. Il s’agit de la première année de baisse sensible du chômage des jeunes depuis 2010."
mercredi 11 mai 2016
L'alchimie des mots
Souvent placés entre guillemets sur une grosse affiche de film ou de livre, ces mots doivent donner l'envie d'en savoir plus voire d'acheter le produit exposé. Ils présentent tous des points communs du point de vue linguistique et ont une réelle fonction sur le plan marketing.
Les mots "brillant", "formidable", "sublime", "magnifique" sont très souvent utilisés pour commenter un film ou un livre. Sont-ils vraiment efficaces ? Pourquoi sont-ils si récurrents ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Comment influencent-ils notre comportement de consommateur ? Quels sont les termes les plus efficaces pour faire vendre ?
C’est une pratique américaine qui est plus récente en France. La question se pose en effet car, à première vue, ce sont des mots d’une grande banalité, qui peuvent paraître assez passe-partout. On remarque bien sûr qu’ils sont hyperboliques. Ils sont assez "neutres", aussi, dans le sens où ils ne disent rien de particulier, où s’exprimerait un vrai point de vue. Ceux que vous citez relèvent du champ esthétique, dont on peut supposer qu’il est très largement partagé, qui n’est pas "clivant", comme on dit, qui va dans le sens du consensus.
Le champ des émotions fonctionne un peu de la même manière. "Emouvant", ou même "dérangeant", en apparence plus problématique, iraient dans le même sens. Je remarque la fréquence des mots en –ant : ceux qui évoquent une action, un effet à venir sur nous. Par ailleurs, le fait qu’il s’agisse de mots isolés en appelle à notre secret désir de juger rapidement, ou à notre envie de synthétiser une impression en un mot. Ces mots eux-mêmes évoquent en outre des idées ou des valeurs positives, enfin, du plaisir. Inconsciemment, nous projetons ces valeurs ou ce plaisir sur ces mots, avant de regarder précisément à quoi ils sont appliqués. C’est l’effet assez mécanique de la "louange" : on en retient toujours le plaisir de louer, ou de voir louer. A la dernière question, je répondrai : s’il y avait des recettes, ça se saurait ! Ce serait bien commode ! Certes il y a des bases, mais comme n’importe quel acte de langage, vanter un livre ou un film nécessite de la créativité. On ne peut pas en faire l’impasse. On ne peut pas faire l’économie de la recherche de justesse, non plus.
Les mots eux-mêmes ne touchent pas, disons qu'on est prêt à les recevoir. Ces mots sont d'abords laudatifs, ils produisent un éloge, et si nous les entendons ainsi c'est que nous sommes prêts à recevoir l'éloge de ce qu'ils désignent. Les livres, des films, des spectacles, certaines cuisines, le Luxe. Ce qu'ils désignent est au fond ce à quoi nous donnons une valeur telle, ou du moins à certains de leurs exemplaires, que nous sommes prêt à leur donner une valeur transcendante et aristocratique, qui flatte l'idée que nous nous faisons de nous même. A défaut de créer nous avons au moins la qualité d'entendre, de regarder ce qui au fond dans un monde matériel ressemble le plus au divin. Ils ne nous influencent pas, ils nous révèlent!
jeudi 3 décembre 2015
Sous les rotors
Cela faisait un moment que je rouillais dans mon canapé, me laissant avoir par le quotidien. Métro, boulot, télé, dodo. Tel était mon credo depuis quelques temps. Où était passée ma soif d'expérience, d'aventures, d'activités nouvelles ? Où était passé le petit garçon qui voulait tout faire et tout savoir ? Du coup, j'ai décidé de réagir. Et la semaine dernière, j'ai donc réalisé une nouvelle expérience : un vol en hélicoptère à Paris. Une expérience bien sympathique que « le petit garçon qui sommeille en chacun de nous » a beaucoup apprécié. D'autant qu'elle était très différente de l'avion ! D'abord, ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est qu'on est moins confiné dans un hélico. Comme dans un avion, il est obligatoire de mettre sa ceinture de sécurité, mais il n’est pas obligatoire de porter un casque. Cependant, il vaut mieux en mettre un si vous voulez discuter avec le pilote, car avec le bruit ambiant dans la cabine, il faudrait beugler comme un âne pour tenir une conversation sans micro ! Côté sensations, en revanche, c'est beaucoup plus doux que dans un avion. A tel point que je ne me suis pas rendu compte tout de suite que nous avions quitté le sol ! En cours de vol, il y a bien eu quelques secousses, mais assez modérées ; un californien ne les aurait même pas remarquées ! En fait, c'est si calme qu'on en oublie vite où on se trouve pour profiter des paysages qui défilent lentement. Parce que c'est vraiment là, à mon sens, l'intérêt de l'aventure : la vue. Voir le monde depuis un hélicoptère est une expérience grandiose. Je connaissais déjà l'endroit, mais je dois dire que je l'ai vraiment redécouvert en l'observant depuis les airs. Il a pris une autre dimension. Surtout que l'appareil sait mettre à l'honneur le paysage : il y a en effet des vitres partout ! Le seul point noir, au final, c'est qu'en photo, ça ne rend absolument rien. Si vous faites un jour un vol en hélicoptère ne perdez pas votre temps à prendre des photos à tout-va. Non seulement le résultat sera décevant, mais en plus vous risquez de passer à côté de cette expérience. Ce qui serait franchement dommage, eu égard au prix et au peu de temps qu'il dure ! Je vous laisse le lien du prestataire de mon vol en hélicoptère, suivez le lien, si l’expérience vous tente.
La Turquie bombarde encore le PKK
Les avions de combat turcs ont frappé dans la nuit de vendredi à samedi sept objectifs des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans leurs bases arrières du nord de l’Irak, a confirmé le gouvernement dans un communiqué. Les opérations aériennes se sont également poursuivies contre le groupe djihadiste État islamique (EI) sur le territoire syrien, selon le texte des services du Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui ne précise pas le nombre de cibles visées.
« Des attaques ont été menées contre des objectifs du groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l’EI) en Syrie et du groupe terroriste PKK dans le nord de l’Irak », ajoute le communiqué publié samedi matin sur le site internet du chef du gouvernement.
Parmi les objectifs du PKK visés figurent des « abris, hangars, cavernes et installations logistiques remplies de munitions », selon le texte.
Les autorités turques ont également indiqué que, en marge de l’opération aérienne menée par les avions F16 depuis leur base de Diyarbakir (sud-est), l’artillerie turque avait également ouvert le feu sur des objectifs de l’EI et du PKK.
Longtemps critiquée pour son inertie vis-à-vis des groupes radicaux hostiles au régime syrien, la Turquie s’est résolument engagée dans la lutte contre le mouvement djihadiste en menant vendredi à l’aube un premier raid aérien contre le groupe djihadiste sur le territoire syrien.
Ce changement de stratégie est intervenu dans la foulée de l’attentat suicide, attribué à l’EI, qui a fait 32 morts et une centaine de blessés lundi dans la ville de Suruç, près de la frontière syrienne.
Depuis lundi, le PKK a multiplié les attaques contre les forces de l’ordre turques, en riposte a-t-il dit à l’attaque de Suruç qui a visé des jeunes militants de gauche proches de la cause kurde.
Les frappes aériennes turques de vendredi soir menacent de faire voler en éclats le processus de paix engagé entre le gouvernement et les rebelles kurdes à l’automne 2012. Depuis plus de deux ans, un cessez-le-feu était globalement respecté entre les deux parties.
Ces parlementaires qui se baladent en Crimée
Sans doute ignorants de l’Histoire, huit parlementaires français, dont sept appartenant à l’aile le plus droitière du parti de Nicolas Sarkozy, ont rendu visite à la Crimée, défilant sans la moindre honte entre les murs d’un pays Potemkine soigneusement organisé pour leur faire croire que tout allait bien dans la région ukrainienne annexée par la force à la Fédération de Russie. Comme le fit, selon les historiens de l’époque, le ministre de la défense, le général Mikhaïl Sergueïvitch Potemkine, lorsqu’il « déguisa » la région en riche pays dépourvu de pauvres lors de la visite de l’impératrice Catherine II en voyage d’inspection en Crimée en 1787. Une vieille technique russe car elle fut souvent utilisée sous le régime communiste pour montrer l’Union soviétique sous un jour favorable aux délégations étrangères qui oubliaient volontiers les atteintes aux droits de l’Homme en mangeant le caviar et en buvant la vodka.
Thierry Mariani, Jacques Myard, Claude Goasgen, Nicolas Dhuick, Patrice Verchère, Sauveur Gandolfi-Scheit, Marie-Christine Dalloz-Maylam, Joëlle Garriaud et quelques autres ont donc expliqué que tout les habitants de la Crimée (tous ceux qu’on leur avait fait rencontrer…) étaient contents de leur sort et du coup de force ayant arraché la région à l’Ukraine sous la pression de l’armée russe. Ils ont même ajouté qu’ils n’avaient rencontré aucun militaire dans les rues, ce qui tend à prouver qu’ils ne sont pas beaucoup sortis de leur hôtel avant d’aller faire révérence au Président de la Douma russe à Moscou.
Au dernier moment, deux sénateurs avaient renoncé au voyage. Ils n’ont donc pas participé à la remise d’une médaille commémorative de l’Assemblée Nationale au « président » de Crimée désigné par Poutine, Sergeï Aksoyunov. Ils ont même rencontré un « représentant » heureux de la minorité Tatare alors que le responsable élu de cette communauté est interdit de séjour en Crimée et que la chaine de télévision qui les informait de façon indépendante a été fermé sur l’ordre de Moscou. Tandis que les membres de cette communauté subissent de plus en plus de la répression des nouvelles autorités alors qu’ils représentent entre 12 et 15 % de la population. Cette visite d’hommage à la Russie de Poutine rappelle à quel point les parlementaires qui se nomment désormais les « Républicains », sont attirés, comme leur patron Nicolas Sarkozy, voire fascinés, par l’Etat fort et autoritaire (pour ne pas dire plus) que représente actuellement une Russie où la chasse aux opposants est permanente et ou règne la loi des oligarques. Sans oublier la répression qui vise, à travers des textes de loi, les associations, les écologistes, les intellectuels et les homosexuels. Avec l’appui (et souvent à la demande) d’une église orthodoxe qui organise la dénonciation des « mauvaises mœurs » avec l’appui de l’Etat. Tandis que les petits tyrans de province assurent, comme le maitre du Kremlin, la disparition de ce qui reste de presse libre, fermant les rares médias indépendants les uns après les autres. Tout en laissant quelques homme s’affaires, nationaux ou régionaux, organiser le pillage des ressources naturelles. Comme en Crimée, bien sur.
Il ne manque plus qu’une délégation du Front National pour (re)venir en Crimée proclamer sa fascination pour l’homme fort du Kremlin et exhiber ses fantasmes répressifs. Et une autre de ce qui reste de l’extrême gauche pour venir expliquer que, bon, Poutine n’est pas vraiment sa tasse de thé, mais que tout ce qui se passe dans la province occupée est la faute de l’Otan, de l’Europe, des Etats Unis ou de la CIA et que donc, il faut « comprendre », voir soutenir les Russes dans leurs efforts d’extension territoriale.
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