vendredi 29 mai 2015

Vue d'Irlande

La semaine passée, j'ai assisté à un symposium en Irlande où j'ai eu la possibilité de suivre la conférence d'un économiste canadien qui expliquait ce qu'il appelle le « désastre français ». Et j'ai été atterré de relever à quel point notre pays est maintenant regardé comme une bizarrerie aux yeux du monde. S'il est clair que la France détient des atouts indiscutables, avec ses entreprises performantes ou encore sa force de travail particulièrement renommée, notre pays est regardé, sur le plan international, comme un phénomène de foire aux monstres. Ce dépérissement est à l'oeuvre depuis longtemps. Mais si ce déclin est récurrent depuis les années 70, cela n'explique pas tout. Notre président actuel y est pour beaucoup. Si Hollande avait provoqué certains espoirs lors des élections, cela fait longtemps qu'ils ont disparus. Mais si nous jaugeons d'un air désabusé les mesures de Hollande, nous ne réalisons pas comme le regard des étrangers est plus tranchant. Notre pays est devenu célèbre grâce à la décision majeure de notre président : la fameuse taxe à 75% pour les salaires dépassant le million d'euros par an. Une mesure qui s'avère être semblable à une casserole accrochée à la queue d'un chien. Même si ce racket a finalement été aboli, elle reste à l'étranger comme une tache ineffaçable. C'est l'emblème que laisse notre bon gouvernement à l'international. Lors de ce symposium, j'ai parlé avec des participants italiens, et ils résumaient tous le gouvernement actuel à cette taxe saisissante ! Elle a porté un exécrable signal aux investisseurs potentiels. Si, d'un point de vue électoral, c'était une idée particulièrement démagogique, elle aura surtout fait en sorte de retarder la conclusion de cette crise. Avec une certaine malice, l'économiste canadien racontait que « même les cocos n'auraient osé introduire une telle taxe » ! Et la salle de rire. Je vous promets que cela rend tout chose, d'assister à ça. Je n'oublierai pas de sitôt ce symposium en Irlande. François Hollande peut bien faire les représentants en porte-à-porte (quitte à s'afficher aux côtés d'un dictateur à Cuba), la vérité est que la seule promesse qu'il ait tenu est cette fameuse taxe et qu'elle va nous poursuivre un bout de temps sur le plan international. Et pour ceux qui ne connaissent pas le pays, je vais vous laisser le lien vers le site de l’organisateur de ce séminaire en Irlande, une équipe top.


Comment réussir: être positif

Réussir sa vie. Vivre sa vie de manière positive. Des expressions qu'on a tous employées à un moment ou à un autre de notre existence. Mais qu'est-ce que cela signifie, d'avoir une vie réussie ou positive? Le nouveau magazine Psychologie Positive, lancé en France ce jeudi 30 avril, a posé la question aux Français, qui sont 62% à voir leur vie "de manière positive". Le sondage a été réalisé en ligne du 10 au 12 mars 2015 sur 1005 individus âgés de 18 ans et plus par l'institut CSA. Les résultats de cette étude sont dévoilés ce mardi 28 avril. Ils montrent, entre autres, que pour les Français, le bonheur est presque un choix, du moins quelque chose qui se travaille et qui ne tombe pas du ciel. Ils montrent également qu'une vie positive repose notamment sur deux choses: le sens donné à son existence et les proches qui nous entourent. 55% des personnes interrogées estiment en effet que le bonheur est quelque chose que l'on a déjà en soi, que l'on travaille comme un muscle. Seuls 16% estiment qu'être heureux c'est être chanceux, que "ça nous tombe dessus un peu comme ça". 3/4 des personnes se sentent proches de l'affirmation suivante: "c'est parce qu'on voit la vie de façon positive qu'on réussit". Alors que seulement 1/4 le sont de celle-ci: "c'est parce qu'on réussit qu'on peut voir la vie de façon positive". Il apparaît très clairement que les Français ont l'impression d'avoir en eux les clés d'une vie réussie. Ceux qui pensent qu'ils ont cela en eux sont en tout cas plus heureux que les autres. "Penser que l'on est acteur de son destin permet d'aider à faire en sorte que ces choses nous arrivent", est-il expliqué dans l'étude. Cette idée n'est pas nouvelle et la science s'est déjà intéressée de près à la question. Pour l'auteur du livre The Happiness Advantage, Shawn Achor, c'est bel et bien la recherche du bonheur qui permet d'être heureux, ainsi que de réussir, et non pas le contraire. Dans son livre, il explique qu'une attitude positive permet d'augmenter le bien-être global ainsi que les performances. L'étude se penche également sur les signes d'une vie réussie. Deux facteurs ressortent plus que les autres: être entouré de proches dont on essaye de contribuer au bonheur, ainsi que le sens donné à sa vie. Parmi les 62% des personnes interrogées qui voient leur vie de manière positive, 89% affirment essayer de contribuer activement au bonheur et au bien-être des autres. Ceux qui ne voient pas leur vie de manière positive sont 20% de moins à avoir ce comportement de bienveillance. Ces résultats se retrouvent lorsqu'on demande aux participants quels sont selon eux les signes d'une vie réussie. 97% d'entre eux estiment qu'une famille soudée est un signe d'un bon épanouissement personnel, 96% un couple épanoui. A égalité avec la famille soudée vient "l'équilibre trouvé entre toutes les dimensions de la vie" (97%) et "le sentiment d'avoir une vie qui a du sens (96%), à égalité avec la santé (96%).

Bons conseils pour femme enceinte

La grossesse est, pour les deux parents, le début d'un long parcours semé d'injonctions, qui résonnent comme autant de rappels à la norme, notamment sexuée. Cela va du bon conseil d'amie sur l'allaitement au top 10 des choses à éviter pendant la grossesse, en passant par les injonctions sociales qui irriguent la société en profondeur. C'est ainsi: devenir père ou mère fait de vous un sujet de débat permanent. Or beaucoup de ces conseils véhiculent, plus ou moins à dessein ou parfois totalement inconsciemment, une certaine vision de la parentalité. Souvent, cette vision est sexuée et fonctionne comme un rappel à l'ordre qui procède d’une forme d’essentialisation subite et brutale pour les deux sexes. Pour les mères, la maternité est une expérience singulière d’essentialisation: être vue comme une mère avant d’être une personne, c’est un sacré changement. La grossesse, le fait de se faire sans cesse adresser la parole par des inconnues qui font des commentaires sur votre corps ou que des individus prennent des initiatives étranges comme toucher votre ventre, est déjà de ce point de vue un moment très particulier: votre état dépasse votre personne. Pendant ce temps, le futur père vit une expérience moins visible mais tout aussi troublante… Les injonctions commencent à pleuvoir: il faut savoir que sur ce grand plateau de débat improvisé (imaginez une arène à la David Pujadas ou Arlette Chabot avec dix tables qui se font face), les pères sont pris pour des idiots. Ça commence aux cours de préparation à l'accouchement –le cauchemar des couples pudiques qui pensaient jusqu'ici conserver un certain mystère dans leur vie quotidienne. Là, dans les salles feutrées d'une maternité, on s'adresse quasi exclusivement aux femmes, en n'oubliant jamais d'évoquer le rôle des futurs papas: «Bon, et il faudra être gentil avec elle hein, lui faire des massages, lui préparer des bons dîners...» ou «Pour aider la maman, vous pouvez commencer à préparer le sac de maternité avec elle, d'accord?». Par petites touches, on installe un état de fait: les pères sont d'abord et avant tout considérés comme «annexes» et «complémentaires». Ils ne sont pas au centre du jeu. La mécanique est en place. Et, tout commence là, il faut trouver sa place au père. Mais que faut-il partager et que faut-il garder pour soi? Faut-il discuter épisiotomie et césarienne avec son compagnon? Et par exemple, comment gérer la délicate phase de l’accouchement? En soi, l'accouchement est une vaste période d'objectivisation du corps. Ces moments sont laissés à la discrétion des médecins, qui ont alors le pouvoir. Il faut leur faire confiance. Ainsi, on se retrouve dépossédée, alors que le recours à la césarienne ou même à la péridurale diffère selon les pays. On ne parle plus d’infantilisation mais de biopouvoir, pour reprendre le terme de Foucault. Rien de grave si l’accouchement se passe bien. Mais la frustration de ne pas être associée à des choix qui concernent votre propre corps est difficile à vivre. Le mieux reste d’en parler à ses paires. Quitte à entendre tout et n'importe quoi. Enceinte, c’est ainsi, on écoute les pires récits d’accouchement de copines, de collègues, de cousines etc. On préserve les pères de ces histoires sanglantes, terribles, fatales parfois. Les militantes de l’accouchement naturel qui ont éprouvé un bonheur fou à maîtriser ce moment en parlent, les fans de l’allaitement comme celles qui sont contre s’adressent aux futures mères, cherchent à les influencer. Et déjà des modèles, des visions du corps, de la place de chaque parent, se dessinent et se contredisent. Mais rassurez-vous: les pères aussi font l'objet de sollicitudes. Ils peuvent même trouver des oreilles attentives et compréhensives aux «réunions papas». Si, si, ça existe. Organisées dans certaines maternités à l'heure de l'apéro, elles réunissent des pères anonymes qui peuvent ainsi confier leurs doutes les plus intimes devant des inconnus. Là, on reprend tout à la base, pour «conscientiser», disent les sages-femmes. Autour d'un plateau de cacahuètes, les pères qui ne se connaissent ni d'Ève ni d'Adam converseraient ainsi gaiement, sans honte ni tabou. Une véritable infantilisation qui paniquerait même ceux qui, jusqu'ici, se sont fait confiance.

vendredi 24 avril 2015

Jouer à la Majella

Un séminaire en Italie peut prendre des formes très différentes, selon l'endroit où l'on atterrit. L'année dernière, la direction de mon entreprise m'avait envoyé à Milan, une ville que j'avais bien apprécié pour son dynamisme et son animation. Je pensais atterrir une fois encore dans une des grandes villes d'Italie : Florence, Rome ou Naples, peut-être. Le séminaire de cette année a cependant pris un visage très différent puisqu'on m'a cette fois envoyé dans les Abruzzes, dans le parc national de la Majella. Le parc ne se caractérise pas tant par son caractère italien que par sa position loin du monde. Loin des plages bondées, loin de la foule. C'est un havre de paix formé de montagnes et de champs parsemés d’ermitages médiévaux. Ce parc national italien encercle le massif de Monte Amaro, le deuxième pic le plus haut de tout le massif des Apennins. Culminant à haute altitude, les montagnes de la Majella offrent elles-mêmes une grande variété de reliefs à arpenter. Au pied du massif, des champs et des forêts alpines cèdent peu à peu la place aux paysages semi-désertiques des sommets, constellés de neiges éternelles. Au programme, bien sûr : des randonnées. Mes collègues et moi sommes partis de Decontra, un hameau montagnard à 810 m d’altitude. L'endroit jouit d’un panorama incroyable sur les prairies sauvages au sud de la gorge. De nombreux sentiers débutent à cet endroit, pour s'élancer à l’assaut des sommets ou paresser parmi les fleurs sauvages. Nous avons pris une demi-journée pour crapahuter jusqu’à San Bartolomeo. Au terme d’un sentier rocailleux longeant les champs, nous avons ainsi traversé le plateau de Valle Giumentina débouchant sur ce sanctuaire médiéval. Les pistes ondulent entre les troupeaux de moutons et les chemins herbeux sont bordés de curieuses habitations coniques (désertées par les bergers). On dit qu’il y a des années, quand un missionnaire chrétien égaré s'aventurait dans les montagnes, ils se cachaient dans une grotte pour former une nouvelle faction. On trouve d’autres ermitages en pierre en plongeant dans le monde de la gorge d’Orfento. En bas de la gorge, il y a bien sûr la rivière Orfento, avec ses rives ombragées cernées d'une verdure luxuriante et ses sentiers isolés longeant les eaux cristallines. L'endroit est absolument splendide et offre un très agréable sentiment d'isolement. Les endroits qui ne sont pas envahis par les touristes sont de plus en plus rares, et c'est pourquoi ce séminaire en Italie s'est-il avéré au final encore plus riche que celui de l'année dernière. Suivez le lien vers l’organisateur de ce séminaire en Italie si cette expérience vous intéresse.

Vers la fin du socialisme ?

Nous assistons en direct à la disparition du socialisme, incapable d’entretenir des illusions et de nouer des alliances électorales, et balayé de son ancrage territorial. Le socialisme, tel que l’incarne François Hollande, repose sur trois piliers. D’abord, la capacité à faire vivre des illusions : raser gratis, accroître le temps libre, créer de nouvelles allocations et toujours repousser les réformes essentielles. Ensuite, la constitution d’un maillage territorial très puissant, souvent mêlé de clientélisme, qui a permis à la Rue de Solferino de distribuer des mandats de manière à faire taire les divisions. Enfin, la prédisposition à nouer des alliances électorales, notamment avec la gauche de la gauche et les Verts. Ces trois piliers sont en train de voler en éclats. Du côté des illusions, les socialistes ont été servis. Ils ont vécu pendant quelques mois en se récitant certains passages du discours du Bourget de janvier 2012. Ils ont mis leurs espoirs de côté pendant toute la durée du débat sur le “mariage pour tous” en croyant qu’il était plus important de changer la vie que d’améliorer les conditions de vie. Et une fois passé ce débat sociétal, ils se sont rendu compte que François Hollande les avait bernés, que la finance, loin d’être une ennemie, était une amie, que Bruxelles exigeait le gel des pensions et de la rémunération des fonctionnaires, et qu’il fallait maintenant passer à la caisse. C’est ce qui a provoqué la déroute aux municipales de 2014 puis, juste après, aux élections européennes. Mais François Hollande continuait de croire à son incroyable baraka. “Monsieur 3 %”, comme on l’appelait au PS en 2011, a fait le pari que la droite allait se faire broyer par le Front national et que, faute de candidat “acceptable”, il serait en mesure d’affronter Marine Le Pen au second tour de 2017. Les terribles attentats de janvier lui ont même permis d’endosser enfin une stature présidentielle qu’il avait laissée au portemanteau de l’Élysée. Avec ces élections départementales, il voit se défaire sous ses yeux le maillage territorial si important pour un parti où les divergences sont si fortes qu’elles ne peuvent être dissoutes que dans la distribution de présidences de département ou de région. Dans quelques jours, la gauche, qui dirigeait 61 départements, n’en contrôlera plus qu’une petite trentaine. Après la perte de nombreuses grandes villes l’an passé et la défaite des régionales à la fin de cette année, ce scrutin marque la disparition du socialisme territorial. Le dernier pilier du socialisme, depuis le congrès d’Épinay (1971), réside dans sa capacité à nouer des alliances. Ce qu’il n’a pas su faire pour ces élections départementales. Pour être bien présent de nouveau en 2017, François Hollande aurait besoin de se réconcilier avec les frondeurs, avec les Verts et avec la gauche de la gauche. Pour cette dernière, il ne se fait plus guère d’illusions. Jean-Luc Mélenchon et ses satellites ne se feront pas avoir deux fois de suite et préfèrent marcher sur les traces de Syriza, même si elles mènent à l’abîme, plutôt que de nouer un pacte faustien avec un président socialiste qui prend ses ordres à Bruxelles. S’agissant des frondeurs, ce n’est pas plus simple, car il lui faudrait sinon changer de politique économique, du moins distribuer un peu de pouvoir d’achat. Or la croissance, si elle revient vraiment, reste trop timide pour envisager la moindre entorse à la politique de rigueur budgétaire. D’autant que les économies demandées par la Commission européenne pour 2015 ne sont pas encore financées. Quant aux Verts, ils sont bien trop gourmands pour que François Hollande parvienne à trouver la moindre entente avec eux. Si Manuel Valls n’était pas premier ministre, il pourrait transiger sur la question des sans-papiers, sur les projets de barrage ou d’aéroport. Mais les fidèles de Cécile Duflot posent en préalable à tout accord la fermeture d’un bon nombre de réacteurs nucléaires. Or c’est une mesure que la France ne peut assumer ni sur le plan technique ni sur le plan financier. Il n’y aura donc plus d’alliance avec les écologistes.

Le problème de la loi sur le renseignement

La loi sur le renseignement discutée à l'Assemblée nationale suscite de nombreuses craintes, venant aussi bien d'associations d'activistes du web que de syndicats, sur son éventuel caractère liberticide. Quelles sont les principales sources d'inquiétudes et sont-elles justifiées ? Le problème c'est la création d'une autorité administrative indépendante qui n'a aucun pouvoir réglementaire. On pourrait espérer qu'une autorité qui contrôle les techniques de renseignements le fasse effectivement. Ce n'est pas le cas, elle sa cantonnera au terrain administratif à vérifier qu'un service habilité pour un motif prévu par la loi effectue une certaine technique de renseignement. C'est un contrôle en amont, mais tout l'enjeu quand on parle de renseignements se passe en aval. Par définition, l'information brute n'est pas encore analysée ni qualifiée comme renseignement utile. Jusqu'à présent le projet de loi prévoit des durée de conservation selon le type de durée concernée. Cela peut-être court – 6 mois – pour les correspondances électroniques. Une conservation plus longue, un an, est faite pour les données de localisation. Quant aux données de trafic (les sites sur lesquelles vous vous rendez par exemple), elles, peuvent être gardées 5 ans. Ces durées s'ajoutent au temps que les acteurs privés (opérateurs de télécom, fournisseurs d'accès, éditeur de réseaux sociaux) doivent conserver des donées de leur utilisateur. De tout cela, l'autorité de contrôle n'aura un oeil que sur la validité de la demande, avant la collecte de données. Ensuite, il n'y aura pas de contrôle sur ce qui a été collecté et qui peut donc être gardé pendant 5 ans. Il y a un premier décret passé le 24 décembre qui a mal été vécu car conçu en catimini, concernant les écoutes. La crainte était à juste titre car beaucoup faisait le paralèlle avec les Etats-Unis et le Patriot Act qui a mis toute la population américaine sur écoute. Mais en France, deux éléments nous protègent : primo, nous n'avons pas les moyens des services américains ; secundo, nous avions jusqu'au début des années 90 une des lois les plus laxistes en matière d'écoutes, mais suite aux affaires de la cellule de l'Elysée, Michel Rocard a fait voté en 1991 une loi plus restrictive et protectrice. Ayant le texte de la loi en discussion, je ne suis pas particulièrement inquiet sur l'aspect liberticide, même si certaines dispositions peuvent interpeller : je pense notamment au placement sous surveillance sans qu'un magistrat donne son avis, avec un contrôle seulement a posteriori. Effectivement, il y a un risque. En outre, cette loi ne traite pas stricto sensu du renseignement, elle porte mal son nom. Elle encadre plutôt les méthode de recueil d'information par la police et les services du ministère de l'Intérieur, cela ne donne pas plus de pouvoir à la DGSE.

lundi 9 mars 2015

Bis repetita placeo et montgolfière

Lors d'un passage dans l'Orne l'année dernière, j'ai découvert un joli petit château de multiples manières. Depuis les airs d'abord, lors d'un vol en montgolfière que j'effectuais avec des amis ; puis à pied pour en explorer l'intérieur. Si vous passez par ce département un jour, il mérite bien une petite visite. Imaginez le lieu. Majestueux, surplombant de splendides terrasses, le château de Sassy domine fièrement les vallons environnants, dans la campagne d’Argentan. Datant du XVIIIe siècle, il vient de subir une restauration qui met en valeur ses murs de pierre et de brique ainsi que son orangerie. Lorsqu'on pénètre dans le château par la cour d’honneur, on est saisi par l’élégance des bâtiments en U, très bien entretenus. Il en va de même à l’intérieur où l’on peut parcourir des appartements ornés de tapisseries d’Aubusson et des Gobelins. Le mobilier y est superbe, notamment la bibliothèque du chancelier Pasquier qui publia six tomes de ses Mémoires allant de la fin de Louis XVI à la Restauration et la monarchie de Juillet. La famille d’Audiffret-Pasquier est toujours propriétaire depuis 1850 de ce domaine, veillant sur son intégrité. De sublimes jardins à la française s’ouvrent sur la campagne environnante, par trois terrasses somptueuses. Ce jardin a été réalisé en 1925 seulement, par le paysagiste Achille Duchêne à la demande du duc d’Audiffret. L’ancien potager, situé au pied du château, a été remplacé par trois terrasses plantées de nombreux buis et ifs taillés, mis en valeur par des allées de sable rose. Les murs entourant le potager ont été abaissés pour créer une belle perspective sur la vallée. Sur la dernière terrasse dort un bassin entouré de parterres symétriques majestueux. Quand on en gagne l’extrémité, il suffit de se retourner pour avoir une vue splendide sur le jardin et le château. Je ne pensais pas retourner là-bas un jour. Et pourtant, j'ai appris aujourd'hui que mon prochain séminaire d'entreprise aurait justement lieu là-bas ! Et, mieux encore, qu'il y avait au programme un vol en montgolfière qui était prévu pour l'occasion ! Je ne suis pas mécontent de réitérer cette expérience (le vol en montgolfière est une expérience étonnante et très dépaysante), mais je suis toujours sidéré de redécouvrir à quel point le monde peut être petit, par moments. Et pour ceux que cela intéresse, je vous laisse le lien vers ce site de vol en montgolfière.